USA cherchent des « alliés civilisationnels » en Europe

Samuel Samson — obscur conseiller du bureau pour la démocratie, les droits humains et sociaux du département d’État américain — auteur de « Le besoin d’alliés civilisationnels en Europe » reprend en les prolongeant les affirmations lors d’un discours à Munich le 14 février de J.D. Vance — vice président — dénoncant « une campagne agressive contre la civilisation occidentale elle-même ».

Et les principaux auteurs de cet assaut seraient les gouvernements desdits pays. Ces derniers sont accusés d’avoir « transformé les institutions politiques en armes contre leurs propres citoyens et contre notre héritage commun », dans son acception le grec, le latin, le christianisme médiéval… « Loin de renforcer les principes démocratiques, l’Europe est devenue un foyer de censure numérique, de migration massive, de restrictions à la liberté religieuse et de nombreuses autres atteintes à l’autonomie démocratique », accuse-t-il, dans un mélange voulu de faits de natures différentes, comme si un projet global était à l’œuvre de la part des pouvoirs européens.

Des fake news à la pelle

À l’instar de J. D. Vance, l’auteur déforme, voire travesti les faits. Ainsi, une loi allemande contre les propos racistes devient la « mise en place de systèmes sophistiqués pour surveiller et censurer les discours en ligne sous prétexte de lutter contre la désinformation et de prévenir les offenses ». Nouvelle approximation avec le sort de Marine Le Pen, « accusée de détournement de fonds et, contrairement à la procédure habituelle, immédiatement interdite de se présenter ».

  • Un : elle a été condamnée.
  • Deux : c’est la procédure parfaitement habituelle.
  • Enfin, l’Union européenne en prend pour son grade puisque la loi sur les services numériques de l’Union européenne, « censée protéger les enfants contre les contenus préjudiciables en ligne, est au contraire utilisée pour faire taire les voix dissidentes grâce à une modération orwellienne des contenus ».

On devine aisément l’ombre portée de la Big Tech derrière cette assertion. « Nos préoccupations ne sont pas partisanes, mais fondées sur des principes. La suppression de la liberté d’expression, la facilitation des migrations de masse, le ciblage de l’expression religieuse et l’affaiblissement du choix électoral menacent les fondements mêmes du partenariat transatlantique », résume l’auteur.

Construite sur des fondations plus qu’imprécises, la démonstration n’a en fait qu’un seul but, contenu dans le titre. Washington n’entend pas passer des alliances avec les gouvernements en place, sur une base qui lui conviendrait, mais appelle à l’arrivée au pouvoir de nouveaux « alliés civilisationnels », soit l’extrême droite.

Avec l’élection de Karol Nawrocki à la présidence polonaise, l’hôte de la Maison Blanche disposera d’un point d’appui encore plus solide.


Christophe Deroubaix. Source (Extraits)


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