… ami intime du président américain, cet ancien magnat de l’immobilier a été propulsé au cœur de l’équipe Trump comme émissaire spécial pour le Moyen-Orient. C’est lui qui dirigeait les pourparlers avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien… jusqu’à l’attaque israélienne.
[….] Steve Witkoff, émissaire spécial de Trump pour le Moyen-Orient – aux prérogatives désormais élargies à la guerre en Ukraine –, serait alors un avatar d’Hermès. Messager, dieu du Commerce et des Voyages, négociateur…
Witkoff, est totalement néophyte en politique, propulsé au cœur de l’équipe Trump avec pour mission de « faire la paix » dans le monde.
Il navigue, depuis, dans les chancelleries internationales à la recherche acharnée de deals à rapporter à son « boss ». A Jérusalem ou à Doha pour parvenir à une trêve entre Israël et le Hamas, à Moscou pour convaincre Poutine de signer un cessez-le-feu en Ukraine. Et à Mascate ou à Rome, où il était chargé de mener les discussions sur le programme nucléaire avec l’Iran, l’ennemi juré de Washington. Il espérait piloter un sixième round de pourparlers le 15 juin, mais Donald Trump a laissé Israël lancer une attaque majeure contre Téhéran et son programme nucléaire quarante-huit heures auparavant.
A 68 ans, avec ses cheveux grisonnants coiffés en brosse et 2 milliards de dollars sur son compte en banque, l’homme ignore les protocoles, use de méthodes peu conventionnelles et range au placard les diplomates professionnels dont le secrétaire d’Etat, Marco Rubio. […]
Son ascension est fulgurante. Avant de devenir le négociateur le plus influent de la planète et d’occuper un bureau dans la west wing de la Maison-Blanche – où se trouvent le bureau Ovale et les plus proches conseillers du président –, Steve Witkoff était peu connu du grand public. Originaire du Bronx, issu d’une famille juive d’Europe de l’Est – père fabricant de manteaux, mère enseignante –, ce diplômé en sciences politiques et en droit de l’Université Hofstra, sur l’île de Long Island à New York, commence sa carrière comme avocat avant de se lancer dans l’immobilier. Au milieu des années 1990, il acquiert à crédit des immeubles de bureaux à prix très bas, le Woolworth Building et le Daily News Building, deux gratte-ciel de Manhattan, puis finance leur rénovation et leur modernisation, avant d’en revendre une partie avec une plus-value.
Mais c’est sa rencontre avec Donald Trump qui va changer sa vie. Ce soir d’hiver 1986, dans une épicerie de l’est de Manhattan, il croise le promoteur immobilier. Associé dans un cabinet d’avocat new-yorkais qui a pour client Trump, Witkoff l’a déjà aperçu et le vénère. « Il venait au 101 Park Avenue, où j’étais avocat. Il avait ce style chevaleresque et intrépide. Je le voyais entrer et je me disais : “Mon Dieu, je veux être lui. Je ne veux pas être le scribe. Je veux être cet homme.” Il était pour moi le Michael Jordan de l’immobilier », racontera-t-il à l’éditorialiste de Fox News, Tucker Carlson. Lors de cette première rencontre, Trump commande un sandwich jambon-fromage, mais n’a pas de monnaie sur lui. Witkoff règle l’addition. Un deal est fait. Une amitié est née. En quarante ans, les deux hommes ne se sont jamais quittés. […]
Dimitri Krier. Le Nl Obs. (très courts extraits) 19/06/2025
C’est le monde de Trump, tant qu’il reste dans ses laudateurs l’amitié du grand homme lui est acquise. S’il se rebiffe il est viré et commence son chemin de croix. Il faut adorer le dieu Trump ou partir.