Poème 80

Il n’y a pas que les mots pour donner de la poésie.
Le silence de l’être aimée qui sait qu’elle ne sera pas quittée.
Les notes de musique qui fendent ce silence.
Des bras ouverts et des larmes de joie.
Une jeune femme qui allaite et un enfant qui joue au cerceau
Un rayon de soleil sur le visage ridé
Sur des mains tachées par le temps
Un regard, une promesse, une rencontre,
Une volonté de résister à la médiocrité des hommes,
Et quelques gestes gratuits.
Un sourire, un don, une écoute,
Une clé ouvrir toutes les portes
Qui mènent vers les jardins où il fait bon se perdre


Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Ed. Gallimard.


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