Poème 111

Alors l’amour m’a tout enflammée et de moi s’est emparé
et jamais de la journée, il ne s’interrompait,
il m’a offert un géranium
garni de feuilles, et quand j’ai eu peur
j’ai trouvé dans ses yeux une sirène
qui m’a délivré un message
ainsi, je me suis mise à ses pieds
pour être au service de ce nouveau mal,
ce grand désir de me faire contaminer par son mal
pour saisir rapidement ce pain tant attendu
provenant de mains aimantes et pures.
Et ainsi moi, Oreste, je l’aimais tellement et puis,
pesante était la distance qui nous séparait,
je m’abandonnais à ses baisers,
il m’a prise tout entière contre son cœur
que je confondais avec les journées partagées
et je ne me lasse pas de son chant
où le Saint-Esprit brûle ardemment…



Alda Merini. Recuei : « Confusion des étoiles ». Ed. Seghers


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