Dans le paysage terrestre,
voici l’homme qui debout dans la carriole
conduit sa jument ;
il passe devant l’étang aux fées
et ne s’explique pas
la solitude de son cœur
qu’étreint le labour violet ;
il sait que dans les foires
quand il fait pour son jugement
couler le grain d’entre ses doigts
les autres le regardent de biais,
que sa femme reste
enclose dans sa propre chair
et rit niaisement
quand elle casse un couvercle ;
il pense cependant qu’elle est belle
et qu’au ciel il y a le colloque de tous les morts :
aigles, rois, maîtres chouans et déesse Raison
au corps luxuriant de fille d’opéra.
Jean Follain. Recueil « Usage du temps ». Ed. NRF

Essais : Image générée par IA, à partir du texte du poème… Bluffant, vous ne trouvez pas ?
Est-ce pour autant qu’il faille abandonner les prises de vues personnelles, certainement pas, car si cette interprétation reprend les coordonnées du poème, elle induit une autre lecture que celle procurée à la lecture du poème.
Oui, c’est un essai, mais à titre personnel, je n’ai pas l’intention d’abuser de ce système. MC