Je me suis promené dans l’enclos solitaire
Du jardin que, déjà, hante le renouveau
Le bourgeon verdoyant pointe au flanc du rameau,
Une senteur nouvelle émane de la terre ;
Le merle, que l’hiver contraignit à se taire,
Comme un acteur joyeux chante dans le préau ;
La tige, sous le poids du léger passereau,
Mesure, en balançant, le rythme du mystère.
Et la nature en joie, à l’appel du printemps,
S’enivre de soleil. Moi, je souffre et je t’attends,
Alors qu’autour de moi tout me paraît en fait,
Que tu viennes, enfin, d’un regard amoureux
Illuminer le fond de mon cœur ténébreux,
Ce cœur inassouvi d’amant et de poète.
Claudius Popelin (1889). Recueil « Poésies ». Éd. Hachette – BNF