Syrie retour aux désordres ?

La Syrie aura connu trois mois de paix.

Après l’effondrement du régime de Bachar Al Assad, en décembre dernier, et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al Charaa, ex–islamiste radicale se disant repenti, le pays se retrouve à un tournant historique. Alors que la Syrie tentait de panser ses blessures après 54 ans de dictature sous Assad – père et fils – et de 13 ans d’une guerre civile dont le bilan est évalué à 500 000 morts, l’espoir d’un nouvel avenir semblait palpable.

Cependant, le 6 mars 2025, des attaques coordonnées provenant de miliciens alaouites dans l’ouest côtier méditerranéen ont plongé la nation dans une spirale de violence. Ces agressions ont déclenché une réaction en chaîne, entraînant des représailles dévastatrices contre la communauté alaouite, qui a connu une perte tragique de plus de 1 500 morts, dont la majorité étaient des civils. Ce contexte déstabilisant met en exergue le paradoxe de la situation, alors que la minorité alaouite était autrefois protégée par le régime de Assad, elle se retrouve désormais au cœur d’un cyclone de vengeance et de ressentiment.

Ce déchaînement de violence représente une menace sérieuse pour le régime de Charaa. Son projet ambitieux de réconciliation entre les diverses ethnies et religions présentes en Syrie est gravement compromis. Le défi de former une nation unie à partir des cendres de ce passé chaotique semble de plus en plus difficile à relever. La dynamique sectaire exacerbée par les récents événements pourrait non seulement saper l’autorité de Charaa, mais aussi réveiller des tensions historiques tout juste endormies. Le chemin vers la paix et la stabilité est désormais semé d’embûches, rendant incertaine la perspective d’un avenir pacifique pour tous les Syriens.


Texte réalisé à partir de différents médias. Michel


3 réflexions sur “Syrie retour aux désordres ?

  1. bernarddominik 18/03/2025 / 8h05

    Cette violence s’exerce contre les 4 minorités alaouites druzes chrétiens et kurdes. C’est le retour du wahhabisme avec la charia et les exactions contre ceux qui ne sont pas dans la ligne islamiste.

    Les Assad père et fils étaient durs avec l’opposition politique mais n’ont jamais remis en cause la pluralité religieuse du pays.

    • Libres jugements 18/03/2025 / 9h55

      À la lecture de ton commentaire, Bernard, nous serions presque prêts à dire « c’était mieux avant du temps d’Al Assad».
      Soit c’est oublier que père et fils dictateur s’il en est n’a pas hésité pour maintenir l’ordre à emprisonner voir exécuter leurs opposants.
      Est-ce à dire pour autant que la nouvelle administration – une des cinq ethnies ou religions sur le territoire – arrivée en poste par la force des armes qu’elle n’entend mettre en place qu’un régime islamique dur à l’exemple de celui pratiqué en Afghanistan en Iran… Il faudra peut-être interroger le prophète !
      Michel

  2. Danielle ROLLAT TATCHOU 92 18/03/2025 / 14h22

    Solidaire du peuple syrien..

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