… Oui, beaucoup trop de gens s’en fiche comme de leurs premières chaussettes, pourtant le basculement de politique et de moralité antidémocratique, instillé par les États-Unis, personnifié par son président et ses acolytes, risque de nous mener vers une guerre mondiale sans précédent, dont seuls les fortunés s’en sortiront, alors que la majorité des humains sera anéantie.
Les conséquences d’une telle dérive politique et sociale pourraient être catastrophiques, plongeant des millions de familles dans un désespoir incommensurable, créant des vagues de réfugiés, des pénuries alimentaires et une crise humanitaire sans égale. Dans ce contexte, il est impératif que chacun prenne conscience de l’importance de défendre les principes démocratiques et de s’opposer à ceux qui cherchent à renforcer leurs propres intérêts au détriment du bien commun. La passivité est une forme de complicité, et il est crucial de se mobiliser pour protéger notre avenir collectif, avant qu’il ne soit trop tard… MC
Le croisement des déclarations du président argentin Javier Milei à Davos, l’intervention du vice-président états-unien J.D. Vance à la conférence de Munich sur la sécurité (la MSC), les incursions de Musk sur la planète, la tentative de règlement de la guerre en Ukraine entre Trump et Poutine sans les dirigeants ukrainiens pourtant les premiers concernés, sans les responsables européens, après la volonté trumpiste d’annexer Gaza, le refus sec du vice-président Vance de rencontrer le chancelier allemand Olaf Scholz au profit d’un entretien avec la candidate aux législatives de l’extrême droite AfD, héritière du nazisme, sont autant d’événements cumulés qui marquent nettement un changement d’époque. Un basculement.
Un cycle gravissime peut s’ouvrir si ensemble les peuples européens, avec d’autres dans le monde, baissent la garde, s’ils ne combattent pas les chauvinismes belliqueux et les nationalismes guerriers. La base de la contre-offensive porte sur les idéaux républicains, ceux de la Révolution de 1789 et ceux des Lumières, ceux des grands penseurs et créateurs européens, porteurs d’une culture émancipatrice. À force d’avoir méprisé, ces grandes valeurs humanistes, démocratiques, sociales, féministes, écologistes au profit des tableaux comptables austéritaires sous-tendant la concurrence libre et prétendument non faussée, les dirigeants européens n’ont que leurs gémissements à offrir. Pis, pareils à ceux qui tendent des bâtons pour se faire battre, ils empruntent la rhétorique des dirigeants de Washington, contre le progrès social, contre les normes, contre l’État social, contre les immigrés. À force de se soumettre, ils sont de plus en plus humiliés.
Nous ne nous en réjouissons pas, car ce seront les peuples, les travailleurs et la jeunesse en quête d’avenir, qui en paieront le prix si nous ne parvenons pas à défendre la paix et à défricher les chemins d’une autre construction européenne s’inscrivant dans un après-capitalisme.
Voilà pourquoi, face aux périls qui courent et accourent, fous sont celles et ceux qui font profession de diviser le camp de gauche, le camp de l’émancipation, le camp de la quête de justice et d’égalité en osmose avec le combat pour le climat et le vivant.
Face aux désintégrations que tente de provoquer l’internationale du techno capitalisme libertarien fascisant, l’urgence est à l’unité populaire pour porter le projet d’un post-capitalisme à inventer.
Mesurons et faisons mesurer la profondeur des dangers.
Le discours de Milei à Davos est la théorisation d’une option politique qui n’est pas seulement la contestation du « socialisme » mais, au-delà du reaganisme, le rejet du libéralisme politique et le retour au XVIIIe siècle avant l’éclosion des Lumières. C’est aussi le sens du discours du vice-président nord-américain contre « les réglementations excessives ; contre « l’idée sinistre [sic], injuste et aberrante de la justice sociale ». Autant de discours qui infusent dans les métastases du capitalisme européen et de ses zélés commis politiques.
La haine de l’égalité se superpose désormais dans les bouches des dirigeants nord-américains à une attaque contre tout projet de construction européenne.
Les dirigeants européens semblent surpris, choqués, désorientés, totalement démunis. Leur alignement permanent sur l’imperium ne pouvait pourtant que les placer devant une situation de désintégration de la Communauté européenne. Un projet qui plongerait encore plus les travailleurs et les peuples dans la barbarie économique et guerrière. À la suite du Brexit, les travailleuses et travailleurs du Royaume-Uni en savent quelque chose !
Mesurons la puissance des dangers qui se profilent avec la construction d’un axe de type nouveau entre Washington et Moscou, au long duquel brûle le droit international et au sein duquel le nationalisme en gestation parviendrait à maturation.
La lettre du 22/02/2025. Patrick Le Hyaric Source (Extraits – lecture libre)
S’imaginer que les dirigeants européens sont différents seraient certainement une erreur. Ils sont peut-être plus lents car plus prudents dans la mise en place d’un système plus « contraignant » pour ne pas dire dictatorial, mais croire qu’ils ont des valeurs démocratiques suffisantes et morales pour protéger les classes populaires et nos valeurs humaines pourrait nous conduire à de cruelles désillusions. Le mal est plus profond car partout des forces fascisantes en réaction à la crise politique, économique, sociale… qu’ils ont eux-mêmes largement créée…sont à l’oeuvre alors même que l’on s’attendait (naivement) à des mouvements populaires de masse légitimes depuis longtemps…Dire cela c’est sans doute comploter… mais quand les conservateurs, nationalistes, fascistes de tous crins seront prêts, ils porteront l’estocade; ils auront pour eux l’argent, les lois, les armes et le nombre des opposants avec leurs belles idées, leurs chants, leurs pleurs n’y pourront pas grand chose. Je ne suis pas prophète, d’autres l’ont dit déjà bien avant que leurs écrits ne soient censurés ou dénigrés. Lassitude ? Non dégoût !