Si vite changé…

… à peine le temps de dire bonjour que la porte « a claqué »…

Le temps qu’on mémorise un nom, qu’on visualise un visage, le ministre est déjà parti. Le gouvernement français ressemble depuis deux ans et demi à une interminable cérémonie de passations des pouvoirs, tout juste entrecoupée par l’expédition des affaires courantes.

Prenons ce qui devait constituer deux des grandes « priorités » du quinquennat : l’éducation et la santé. Profs ou médecins et infirmiers ne cherchent même plus à retenir le nom de « leur » ministre : à peine ont-ils le temps d’entrer en salle de classe ou d’opération qu’il est déjà parti. Six ministres de la Santé et autant pour l’Éducation nationale depuis mai 2022, soit une moyenne de cinq mois par titulaire. Bien sûr, certains ont mis un point d’honneur à faire baisser la moyenne, comme l’ineffable Amélie Oudéa-Castéra, qui a tenu moins de trente jours Rue de Grenelle. Mais la noria des Premiers ministres, quatre pour la seule année qui s’achève, explique aussi cette instabilité.

Dans le fameux « domaine réservé », la place est à peine plus sûre.

A côté du ministère des Armées, avec à sa tête Sébastien Lecornu, inamovible depuis 2022, le Quai d’Orsay ressemble plutôt à un quai de gare. Trois ministres y ont successivement posé leurs cartons cette année, et autant aux Affaires européennes. Sympa pour nos partenaires européens et autres, qui doivent s’adapter à un nouvel interlocuteur tous les quatre mois !

Idem à Bercy, longtemps incarné par Bruno Le Maire, qui y a accompli un septennat. C’est fini, les ministres filent aussi vite que la dette : six titulaires en quatre mois (trois à l’Économie et trois au Budget).

Mention spéciale pour les Outre-Mers. Ici, ce ne sont plus des ministres, mais des touristes : six s’y sont succédé après la réélection de Macron, depuis Yaël Braun-Pivet, qui est restée un mois, jusqu’à François-Noël Buffet, qui a tenu un trimestre. Espérons pour lui que Manuel Valls fasse mentir son patronyme et ne soit pas emporté à la première bourrasque, tout ministre d’État qu’il est.


Une réflexion sur “Si vite changé…

  1. bernarddominik 03/01/2025 / 13h21

    Parfois je me dis « bon debarras ». Mais quand ça devient une habitude c’est très inquiétant

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.