… « Astre mort »
Que reste-t-il de la Macronie ? Le président de la République, qui n’a que les plus autoritaires articles de la Ve République encore sous le coude pour espérer peser sur la fin de son mandat, déambule, lunaire, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris rénovée.
Une déroute générale pour les prétendus « Mozart de la finance » macronistes et leurs alliés, dont les rangs se sont considérablement réduits. Les troupes présidentielles du groupe Ensemble pour la république (EPR) sont même passées de 314 députés en 2017 à 94 aujourd’hui, à la suite d’une dissolution surprise qu’elles ne parviennent toujours pas à comprendre, en plus de départs permanents de parlementaires se sentant trahis et regrettant ce qu’ils croyaient avoir vu dans le « projet » de 2017.
Et pourtant, laisser faire la gauche, ou bien négocier avec elle, aurait sans doute constitué la meilleure solution pour les marcheurs, qui, pour bloquer le NFP, se sont choisi d’autres alliés : les députés LR et le Rassemblement national (RN). Car, ce n’est que grâce à l’extrême droite que le gouvernement de Michel Barnier a pu entrer en fonction.
Une faute morale gravissime qui prolonge plus que jamais la crise politique en cours. Car, Michel Barnier n’a parié que sur la bienveillance de Marine Le Pen, qui, de son côté, lui promettait la censure.
Celles et ceux qui s’étaient engagés auprès d’Emmanuel Macron en 2017 avaient-ils prévu pareille débâcle ?
- De fait, beaucoup tournent le dos au président.
- Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale, qualifie l’autoproclamé Jupiter d’« ange déchu ».
- Alain Minc, autrefois proche du président, dénonce désormais un « enfant roi » au « narcissisme poussé jusqu’à un niveau pathologique ».
- Gilles Le Gendre, ancien président du groupe La REM à l’Assemblée nationale, estime que sa famille politique est davantage dans une « décomposition » qu’une « recomposition ».
- Bien des cadres lâchent le chef de l’État.
« On aurait dû nommer un premier ministre de gauche depuis longtemps », circule dans les travées, avant d’estimer que « Michel Barnier est fautif, il a commis deux erreurs : avoir placé le RN en position centrale, et avoir pensé que sa tolérance lui était acquise ».
Quoi qu’il en soit, la suite du quinquennat ne peut plus emprunter d’autre route que celle d’un long pourrissement. Lors d’un voyage en Haïti, il y a quelques jours, il a qualifié de « complètement cons » les Haïtiens au motif qu’ils ont récemment voulu changer de premier ministre… Un président peut-il parler comme ça ?
À bien des égards, la victoire d’Emmanuel Macron en 2022, soit la première réélection d’un président depuis l’instauration du quinquennat, a constitué un véritable trompe-l’œil, et la somme de ses errements lui a depuis explosé au visage.
Que se passera-t-il demain ? La tempête s’amplifie et le navire macroniste est un bateau ivre. L’hypothèse encore farfelue, il y a quelques semaines, d’une démission du président prend de l’ampleur comme seule possible sortie de crise. À moins qu’il ne tente d’utiliser l’une des cartes antidémocratiques qu’il a encore dans sa manche…
Courts extraits, d’après un article signé Aurélien Soucheyre, Source original
Macron ne veut pas démissionner et la constitution est bien maigre sur le contrôle démocratique de l’exécutif. Macron droit dans ses bottes accuse les partis de refus de responsabilité, mais il se garde bien de faire son autocritique