Technoprohètes…

… Ils sont obsédés par la vie éternelle aussi signent-ils des chèques pour nous précipiter tout droit dans une dystopie éternelle où les humains deviendront des disques durs.

Lorsque Martine Rothblatt, femme d’affaires transgenre, apprend que sa fille de 7 ans est atteinte d’une maladie mortelle, l’hypertension artérielle pulmonaire, elle se fixe un objectif : la sauver à tout prix.

Nous sommes au milieu des années 1990, et les traitements médicaux manquent cruellement d’efficacité. Rothblatt vend tout ce qu’elle peut vendre — en l’occurrence les actions de sa première entreprise — et fonde United Therapeutics Corporation, une entreprise de biotechnologie destinée à guérir les maladies pulmonaires.

Son engagement paie, des médicaments sont mis au point. Sa fille, la trentaine aujourd’hui, est en bonne santé. Rothblatt, devenue entre-temps l’une des femmes les plus riches du monde, voit plus loin, plus grand : si elle a pu sauver son enfant, alors elle peut sauver tout le monde.

La femme d’affaires, bien implantée dans la Silicon Valley, se lance donc à corps perdu dans la xénotransplantation — soit le fait de greffer l’organe d’un animal sur un individu d’une autre espèce -, mais surtout dans le transhumanisme.

Son nouvel objectif ? L’immortalité.

Avec sa compagne, Bina, qu’elle a « clonée » en version robot, une sorte d’humanoïde cauchemardesque qui contiendrait soi-disant la conscience de Bina, elle crée Terasem. Ce type de mouvement religieux a pour mission de « promouvoir l’utilisation géoéthique de la nanotechnologie pour l’extension de l’espérance de vie humaine via la cryogénie, la biotechnologie et la cyberconscience ». En somme, Rothblatt cherche à « transvaser » nos cerveaux dans des espèces de disques durs. Vaste programme…

L’entrepreneuse n’est pas la seule obsédée par l’éternité.

À ses côtés, dans son combat contre la Faucheuse, on retrouve Ray Kurzweil, l’un des ingénieurs les plus connus de la planète. À Sa prochaine prédiction ?

La « singularité », soit le moment où les machines réussiront à s’améliorer par elles-mêmes et où les êtres humains n’auront d’autre choix que de fusionner avec elles. « Aujourd’hui, pour un humain, lorsque le matériel fait défaut, le logiciel — son esprit — disparaît avec lui. Mais bientôt nous deviendrons du logiciel et le matériel sera remplaçable », écrivait-il en 2006, juste avant de créer la Singularity University (« université de la singularité »), sorte de centre d’incubation, sponsorisé, entre autres, par Nokia et Linkedln, qui cherche à nous catapulter dans cette nouvelle ère.


Lorraine Redaud. Charlie Hebdo (très courts extraits). 04/09/2024


Une réflexion sur “Technoprohètes…

  1. bernarddominik 12/09/2024 / 9h06

    Des fous.

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