Vers l’embrasement ?

L’extrême droite israélienne a intensifié ses discours et ses politiques ces dernières années, suscitant la montée des tensions dans la région, créant un climat d’hostilité croissant.
Les préoccupations quant à un potentiel embrasement sont légitimes, d’autant plus que les cycles de violence se sont souvent nourris des schémas de répression et de résistance. Un nombre croissant de citoyens et d’organisations internationales appelle à des solutions pacifiques, basées sur le dialogue et la coexistence. MC

La guerre génocidaire menée par Israël se poursuit. Elle vient d’entrer dans son onzième mois. Le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne a annoncé, le 8 août, un nouveau bilan de 39 699 morts. Depuis le début de la guerre qui a éclaté le 7 octobre, la situation humanitaire dans le territoire palestinien assiégé reste désastreuse, la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants ayant été déplacée et souffrant de pénuries alimentaires.

Jeudi, 15 personnes ont été tuées dans un bombardement qui a visé un pâté de maisons du camp de réfugiés d’Al Bureij et cinq autres dans la ville de Gaza.

Les tensions ont redoublé ces derniers jours après l’assassinat à Téhéran du numéro 1 du Hamas, Ismaïl Haniyeh, et celui de Fouad Chokr, le chef militaire du Hezbollah, mort le 30 juillet dans une frappe israélienne dans la banlieue de Beyrouth.

La mort d’Ismaïl Haniyeh va-t-elle changer le cours de la guerre ?

Immédiatement après l’annonce de l’assassinat de son chef, le mouvement islamiste du Hamas a fait savoir que Yahya Sinouar, qui jusque-là dirigeait l’organisation à Gaza, devenait le premier dirigeant. Une nomination peu surprenante. Sinouar est réputé proche de Téhéran. Mais, en réalité, son pouvoir est très limité. Traqué par Israël qui estime qu’il se cache dans un tunnel, il peut difficilement communiquer avec l’extérieur.

D’ailleurs, Khalil Al Hayya, qui jusque-là menait les négociations pour le Hamas, va poursuivre sa mission. D’autres dirigeants pourraient jouer un rôle majeur ces prochains mois. Parmi eux, Moussa Abou Marzouk qui s’est déjà prononcé pour « un cessez-le-feu de longue durée » avec Israël et fait partie de ceux qui, au sein de l’organisation, se positionnent maintenant pour un État de Palestine dans les frontières de 1967. Autre personnalité influente, Khaled Mechaal, ancien numéro 1 de l’organisation, basé au Qatar et politiquement proche du président turc Recep Tayyep Erdogan.

La guerre régionale est-elle inévitable ?

Si l’on s’en tient aux déclarations des dirigeants iraniens et du Hezbollah libanais, ainsi qu’à l’attitude israélienne, on serait enclin à le penser. Au Liban, la population s’attend à tout instant à une offensive que lancerait Tel-Aviv (lire ci-contre). Le Hezbollah et l’Iran sont « obligés de riposter » à ces deux assassinats et ce « quelles qu’en soient les conséquences », a averti mardi le chef du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah.

Lors d’une réunion mercredi en Arabie saoudite, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a accusé Israël d’être « entièrement responsable ». Son président en exercice, le Gambien Mamadou Tangara, a par ailleurs dénoncé un acte « ignoble » qui risque de faire basculer le Moyen-Orient dans un « conflit plus vaste ».

Mais, au-delà des menaces, il se pourrait que la « réplique » du Hezbollah et même de l’Iran soit savamment dosée. D’autant que, du côté des pays occidentaux, personne ne semble décidé à encourager une guerre aux conséquences imprévisibles. Malgré la mort d’Haniyeh, le canal de discussion sur Gaza n’est pas interrompu, les États-Unis estimant même « que l’on n’a jamais été aussi proche » d’un accord.

Quelle est l’attitude des États-Unis ?

Alors que Benyamin Netanyahou joue clairement la montre en espérant une victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle du mois de novembre, l’administration Biden prend très au sérieux les menaces de conflagration régionale. Les États-Unis travaillent « jour et nuit » pour éviter une escalade, a affirmé lundi le secrétaire d’État américain, Antony Blinken.

Pour la première fois, il a demandé publiquement à l’Iran et à Israël d’éviter une « escalade » vers un nouveau conflit militaire au Moyen-Orient. « Nous sommes impliqués dans une intense diplomatie avec des alliés et des partenaires et faisons passer ce message directement à l’Iran. Nous avons communiqué ce message directement à Israël ». Mais, dans le même temps, le Pentagone a annoncé qu’il déploiera des avions de chasse et des navires de guerre supplémentaires dans la région.


Pierre Barbancey. L’Humanité. Source


Une réflexion sur “Vers l’embrasement ?

  1. bernarddominik 09/08/2024 / 19h11

    Et pendant ce temps les palestiniens sont chassés de chez eux, tués, violés, au nom d’un soit disant cadeau de dieu aux hébreux (question qui sont les descendants des hébreux les palestiniens ou les israéliens ?)

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