… Persécuteur aujourd’hui.
Palestine, un patrimoine instrumentalisé
L’information pourrait passer inaperçue, tant toutes celles en provenance du Proche-Orient sont dramatiques et préoccupantes.
N’empêche qu’elle n’a rien d’anodin : un collectif d’archéologues palestiniens et israéliens, auquel se joignent des chercheurs français, dénonce, dans une tribune publiée le 1ᵉʳ août par Libération, un possible changement de législation en Cisjordanie : la Knesset, expliquent-ils, a approuvé un projet d’amendement qui placerait la totalité des sites archéologiques de la région sous la responsabilité du seul État hébreu.
Non seulement cela contreviendrait au droit international, mais tout le monde comprend bien la visée politique d’une telle initiative : justifier, par la présence de sites juifs antiques, de nouvelles colonies — alors que les agressions de Palestiniens par des colons se multiplient depuis des mois, et qu’en mars dernier le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich a déjà annoncé la saisie de plus de 700 hectares, permettant la construction de quelque 3500 logements.
Il n’est pas nouveau que l’archéologie soit instrumentalisée à des fins politiques ou que ses découvertes intègrent, parfois comme des pièces maîtresses, la construction des récits nationaux.
Mais, rappellent les signataires, le très riche patrimoine antique de cette zone (préhistorique, cananéen, hébraïque, romain, byzantin, chrétien, islamique…) ne saurait se réduire à une seule de ses composantes. « Le passé doit être étudié pour lui-même et non en fonction des appartenances communautaires ou nationales, insistent-ils.
Sans espérer convaincre Benyamin Netanyahou et ses alliés extrémistes du nécessaire « caractère universel et désintéressé » de la recherche, ils en appellent à la mobilisation internationale.
Valérie Lehoux. Télérama n° 3891. 07/08/2024
Cette annexion est honteuse.
une de plus hélas… et que dit la communauté internationale ???