Un certain Nicolas Conquer

Sitôt Trump « miraculé », un certain Nicolas Conquer, ex-candidat LR-RN battu au second tour des législatives dans la Manche, a couru les plateaux de télé pour pérorer comme porte-parole des Republicans Overseas (« républicains de l’étranger »).

Sur CNews, dès le dimanche 14 juillet au matin, il décrypte ainsi l’attentat contre Trump, victime de la « justice politique » : « Il y a des rhétoriques, soit de Joe Biden, soit d’autres responsables démocrates, qui n’ont eu de cesse de le comparer à des gens charmants comme Adolf Hitler, Mussolini… Et, après, on ne peut pas s’étonner que ça pousse des gens un peu galvanisés — c’est un « call to action » ! – à avoir recours à cette violence. »

Rebelote le lendemain, où cet officier de la réserve opérationnelle de l’armée de terre ajuste le tir de riposte contre l’actuel président américain, toujours sur CNews (15/7) : « Je vous rappelle juste la genèse. Le 27 juin, il y a un débat Biden-Trump au cours duquel, devant 51 millions de téléspectateurs, Biden dit que Donald Trump est un dictateur, un péril pour la nation. Et ça vient suivre toute une rhétorique qui ne peut que chauffer à blanc des militants un peu désespérés et potentiellement les pousser à l’acte. » Sur sa lancée, il réclame des « excuses » à Biden pour ses « mensonges, qui auraient pu aboutir au décès de Donald Trump Le coupable n’est donc pas le tireur qui a été abattu, car il n’était que la marionnette de Biden…

Binational parachuté

En moins de vingt-quatre heures, Conquer, conquis par Donald, a aussi jacté sur les plateaux de BFMTV, RMC ou Franceinfo, où il n’a pas hésité à comparer cette tentative d’assassinat (huit balles, dont une qui a touché l’oreille de l’ex-président) avec l’agression dont il a lui-même fait l’objet, le 1ᵉʳ juillet, pendant sa campagne éclair dans le Cotentin : deux œufs, qui ont atterri sur sa tête et son épaule, comme le relève ironiquement « La Presse de la Manche » (15/7).

« Saint Michel archange, protégez la France ! », comme il s’exclame parfois sur X.

Mais, quand ce sémillant Conquer de 37 ans, mèche blonde au vent et fine moustache, a été parachuté, le 15 juin, par Ciotti dans la 4e circonscription de la Manche — celle de Cazeneuve, naguère —, il prétendait avoir été porte-parole trumpiste « dans une vie précédente » et avait remisé son pin’s de républicain américain…

Halte à l’anti-France et aux binationaux déloyaux ! Car Conquer est franco-américain. Cadre chez L’Oréal, spécialiste en marketing digital, il se définit sur Linkedln comme « evidence based decision-maker. Power by data, fueled by common sense ».

Traduction : « décideur se fondant sur des preuves. Puissant par les données, mais nourri au bon sens ».

Pourvu celui-ci provienne du camp de l’alt-right (extrême droite américaine). Sur X, au fil des mois, il salue le « brown vote » (« vote brun ») dès les européennes de 2019, part en guerre contre le « Deep State » (1’« État profond », autre thème trumpien…).

Ou bien relaie l’affaire des « Twitter Files » contre Hunter Biden, le fils de l’actuel président, mise en avant par Steve Bannon et Elon Musk.

Naguère, il posait aussi avec une bouteille marquée « Z comme Zemmour », montrait ses poils se hérissant dans un meeting de ce dernier ou retweetait Marion Maréchal-Le Pen.

Le parfait cursus de l’analyste politique.


David Fontaine. Le Canard enchaîné. 17/07/2024


2 réflexions sur “Un certain Nicolas Conquer

  1. bernarddominik 23/07/2024 / 9h37

    Il y a trop de fadas dans ce monde de la politique

    • tatchou92 23/07/2024 / 15h27

      çà leur monte à la tête, ils s’y voient, s’y croient… et ont sans doute aussi entendu des voies …

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