Contrairement à ses prédécesseurs, le nouveau Premier ministre britannique n’est pas très charismatique, mais ce travailliste n’est pas pour autant dénué d’habileté.

« Boring Starmer ». Le « Financial Times » n’avait pas ménagé l’« ennuyeux Starmer », nouveau chef des travaillistes britanniques, lors de son arrivée à la tête du parti, en avril 2020. Visage poupon, traits immobiles, propos éternellement raisonnables, cet avocat renommé, qui fut aussi procureur général, anobli en 2014, s’est toujours méfié comme de la peste des grands mots, des petites phrases qui claquent, des serments vite fourrés sous le tapis.
Ennuyeux, peut-être, mais méthodique. Des années qu’il envoie le même message aux milieux d’affaires : regardez-nous, on est sages comme une image. Avec nous, pas d’embardées, pas d’augmentation des impôts, laissez vos sous ici bien au chaud. Le taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises, le plus faible de tout le G7 ? Bien sûr qu’on n’y touchera pas, vous nous prenez pour des rouges ?
Et regardez qui je sors de mon chapeau pour être chancelière de l’Echiquier ? Rachel Reeves, qui vient de la Banque d’Angleterre. L’ennui, c’est que, ligoté par ses promesses de stricte orthodoxie financière et plombé par les déficits laissés par les conservateurs, il n’a pas un fifrelin pour réaliser les quelques promesses qu’il a faites, comme la remise à flot du National Health Service, littéralement naufragé. C’est pas grave, l’essentiel c’est d’être un gars sérieux.
Sage et bien mis
Ses marges de manoeuvre étant des plus limitées, il a soigné la symbolique. Il a beaucoup parlé de son enfance, entre une mère infirmière handicapée et un père ouvrier, et a promu des profils proches du sien dont les parcours ont fait l’objet d’une mise en scène soignée. Sa vice-Première ministre est une ancienne assistante sociale ayant quitté l’école à 16 ans, ses ministres de 1’Education et de la Santé ont eu une enfance marquée par la pauvreté, son ministre des Affaires étrangères a été élevé par une mère célibataire d’origine guyanaise.
Le contraste est saisissant avec les gouvernements de Johnson et de Sunak, au sein desquels près de 50 % des ministres étaient issus d’« Oxbridge ». Starmer lui-même est à des années-lumière de ces Premiers ministres, comme Johnson ou Cameron, passés par le Bullingdon, club d’étudiants d’Oxford, où régnaient beuveries, machisme, violence, destructions et un mépris social dissimulé derrière une ironie cinglante et quelques bons mots. Quand ces petits messieurs allaient trop loin, une liasse de billets permettait d’acheter le silence.
Pour satisfaire une partie de son électorat, Starmer a annoncé l’arrêt des expulsions de migrants vers le Rwanda. Voilà un marqueur qui ne coûte rien, parfait. Mais, pour obtenir une baisse des arrivées, vivement souhaitée par ses autres électeurs, ceux du « Red Wall », ces bastions ouvriers du nord du pays, les travaillistes proposent de muscler la douane et les forces de l’ordre. Sans convaincre.
Épuration radicale
Pas de panique, l’homme ne manque pas d’habileté. Européen convaincu, il a néanmoins accepté le portefeuille du Brexit dans le shadow cabinet de son prédécesseur Jeremy Corbyn, dont il désapprouvait l’attitude pro-Hamas et la complaisance envers l’antisémitisme, devenu fréquent au sein du Labour. Une énorme couleuvre qu’il a avalée sans faire montre du moindre état d’âme. Quand il lui a succédé, sur une ligne nettement plus centriste, il a liquidé l’aile gauche du parti en virant 300 personnes, dont Corbyn lui-même.
Starmer va trouver un peu d’air du côté de l’Union européenne, dont il souhaite se rapprocher. Les Européens viennent de lui proposer d’envoyer son ministre des Affaires étrangères lors de chaque réunion de ses homologues à Bruxelles. « Le rapprochement est souhaité des deux côtés. Sur l’Ukraine, Londres joue déjà un rôle clé, et c’est la même chose pour la défense, sujet qui va être central dans les cinq ans qui viennent », assure un fonctionnaire de la Commission.
Rien de tout cela ne va pourtant faire rêver les Britanniques. Pendant longtemps, une rumeur a circulé, prétendant que Keir Starmer avait servi de modèle pour le personnage réservé, taiseux mais séduisant de Mark Darcy, joué par Colin Firth dans le célébrissime « Journal de Bridget Jones », adapté du roman d’Helen Fieldings. L’auteure n’avait jamais voulu confirmer ni infirmer. Mais, récemment, elle a accepté de répondre : en fait, non.
Anne-Sophie Mercier. Le Canard enchaîné. 17/07/2024
Il n’y a pas de mystère, quand les marges de manœuvre sont étroites il faut avancer à petits pas. Je suis convaincu que Starmer arrivera à redresser le National Health Service, c’est un homme méthodique qui ne se laisse pas détourner de ses objectifs. Je me méfie des moulins à parole comme Glucksmann Macron Le Maire. En France il nous faudrait un Starmer.
oui, il faut que cela change rapidement chez nous, après les tristes épisodes que nous venons de vivre à l’Assemblée Nationale…nous vivons dans l’inédit..
On peut ainsi, c’est nouveau, çà vient de sortir, être Ministre et courir à l’AN voter en qualité de Député pour sauver le soldat Yaêl BRAUN PIVET… et repartir dans les Ministères..: INOUI !
Le Général et Michel DEBRE doivent faire des sauts de cabri ..
On attend la réaction du Conseil Constitutionnel.. on connait celle de Monsieur Jean Louis DEBRE.. celle du NFP.. de Madame LE PEN.. et on attend les explications présidentielles..
Ce n’est pas ce déni de démocratie, qui va inciter les hésitants, les abstentionnistes à retrouver le chemin des bureaux de vote..