La leçon d’Eddy aux Français
Piqué au vif par le prétendu record du monde de la raclette battu en France, Eddy Baillifard a tenu à rappeler certaines vérités dans le domaine, en conviant les organisateurs à une dégustation à Bruson.
Diffusée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, une vidéo mettant en scène Eddy Baillifard fait le buzz. Il reçoit chez lui, à Bruson, les organisateurs du prétendu « record du monde de la raclette », établi le 18 mars dernier à Saint-Etienne, et leur donne un magistral cours de raclette, histoire de leur expliquer la différence entre la traditionnelle raclette valaisanne et la raclonette française. « Je ne dis pas qu’ils font faux avec leur raclonette, surtout que 80% du fromage à raclette AOP produit en Valais est consommé sous cette forme, mais je leur montre comment il faut faire juste ».
La vérité historique
Le 18 mars, des passionnés de terroir ont organisé une raclette géante à Saint-Etienne, avec 2236 convives qui ont englouti 620 kilos de fromage. Ils se sont ensuite empressés d’affirmer sur les réseaux sociaux qu’ils avaient ainsi battu le record du monde de la plus grosse raclette du monde.
Eddy Baillifard a immédiatement réagi sur les mêmes réseaux, puis sur la RTS, précisant qu’il ne s’agissait que d’une raclonette : « Ils la mangent souvent de manière aromatisée, à l’ail des ours ou aux piments, ce qui est interdit avec l’AOP. Rien à voir avec une véritable raclette, qui n’est pas de la pâte à fondre, et qui doit respecter certaines règles ».
S’il n’y a pas de litige à proprement parler entre les défenseurs de la raclette et les promoteurs de la raclonette, Eddy Baillifard rappelle qu’il s’agit d’une vieille rengaine, mais que les preuves historiques que la raclette traditionnelle est originaire du Valais existent bel et bien. « Nous fêtons d’ailleurs cette année les 150 ans de l’appellation « le raclette » pour un fromage au lait cru. En Savoie, il y a des fromages à raclette au lait pasteurisé ou thermisé, mais c’est très rare au lait cru ».
Une démonstration en toute convivialité
Interpellés par la réaction de notre maître ès raclettes, les organisateurs stéphanois, Maxime Barlouzat en tête, l’ont mis au défi de les accueillir à Bruson. Chose faite le 24 avril, avec une dégustation mémorable de trois fromages AOP Valais nature qui a rapidement convaincu la délégation française.
« Entre amoureux des produits du terroir et de la convivialité, nous nous sommes vite retrouvés sur la même longueur d’onde. En fait, ils ne connaissaient pas du tout la raclette traditionnelle et ont été rapidement convaincus. Ce qui me fait dire qu’au final, autant pour la raclette que pour la raclonette, le meilleur ingrédient demeure la qualité des convives autour de la table », conclut Eddy Baillifard.
Tavolata géante à la frontière franco-suisse
Au terme de leur joyeuse rencontre, Eddy et Maxime ont lancé l’idée de créer un événement franco-suisse inédit autour de la raclette : « Nous songeons à mettre sur pied, au printemps 2025, une tavolata géante sur la frontière franco-suisse, ce qui pourrait se faire à Saint-Gingolph. Les Valaisans serviront de la raclette traditionnelle du côté français et les Stéphanois de la raclonette du côté suisse. Tout reste encore à organiser mais l’objectif est d’attirer plus de 10 000 convives ». Un défi à suivre donc…
Olivier Rausis. Le nouvelliste (Suisse) 03/05/2024
Merci à Dominique J.
Voilà enfin une nouvelle réjouissante dans une sombre actualité. Vive la raclette.
Lers Français ont de la chance : ils peuvent déguster de savoureuses spécialités locales dans toutes les régions..accompagnées des breuvages locaux.. et le tourisme rapporte des devises, comme la mode..