Ils ont perdu la bataille des opinions publiques mondiales alors que, le 7 octobre, la planète partageait leur choc face à l’ampleur et à la barbarie de l’attaque du Hamas sur des civils, et leur émotion face aux images des jeunes filles ou des personnes âgées emmenées en otages à Gaza.
Près de huit mois plus tard, l’État hébreu accuse le coup face à des décisions humiliantes de la justice internationale, à la clameur hostile des mouvements étudiants aux États-Unis et en Europe, à des appels au boycott restés jusque-là marginaux.
Le premier réflexe, alimenté par les prophètes de malheur, est de blâmer un monde par nature hostile, un antisémitisme renaissant. La posture du défi a été résumée par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le jour de la commémoration de la Shoah : « Nous nous battrons seuls s’il le faut. »
Une partie des amis de l’État hébreu dans le monde rejoint les Israéliens dans cette réaction de repli défensif, épouvantés – à juste titre – par les signes d’antisémitisme assumés ou dus à la simple ignorance qui surgissent ici ou là.
Mais cette attitude s’accompagne d’un refus de voir la raison, sans doute dominante, de cette hostilité croissante : la révulsion que suscitent les images sorties de Gaza, les témoignages des rares humanitaires qui s’y sont rendus, l’ampleur de la catastrophe tout simplement humaine qui s’y déroule.
La stratégie suivie par le gouvernement israélien et l’armée depuis le 7 octobre ne pouvait que mal tourner : frapper disproportionnellement fort le territoire palestinien, opérer un châtiment collectif sur plus de deux millions de civils sous prétexte que les combattants du Hamas se cachent en leur sein ou qu’ils constitueraient autant de « boucliers humains », exclure toute solution politique pour l’« après »… Sans parler des extrémistes qui militent pour la recolonisation de Gaza, ou rêvent tout haut de nettoyage ethnique.
[…]. Que le Premier ministre, même honni par une majorité de ses concitoyens, soit accusé de crimes contre l’humanité dépasse l’entendement pour ceux qui restent sous le choc du 7 octobre, surtout quand il reste plus d’une centaine d’otages aux mains du Hamas.
Pourtant, le droit à la légitime défense n’autorise personne à s’affranchir du droit humanitaire international : c’est ce qu’ont voulu signifier les juges de la Cour internationale de Justice de l’ONU, ou le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan.
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Pierre Haski. Le Nouvel Obs. N° 3113. 30/05/2024
Article très juste. Le hamas a été nourri par la droite israélienne et aujourd’hui elle se trouve devant l’échec de sa stratégie, elle a gagné une guerre mais perdu le soutien de l’opinion publique mondiale.
« Le droit à la légitime défense », pour un régime occupant, ne respectant aucune des résolutions de l’ONU et assassinant, emprisonnant, bombardant,colonisant de plus belle, détruisant cultures et infrastructures,… depuis plus de 75 ans.
Ca fait quand même 70 ans que les Palestiniens subissent…comment a réagi la communauté internationale ? l’ONU ? Je pense à un jeune francopalestinien, (son nom ne vous est ceertainement pas inconnu) habitant de Jérusalem Est, marié avec une Française, père de famille, qui a été incarcéré pendant près de 10 ans (en plusieurs périodes,) avant d’être expulsé en France… quel a été le rôle de notre pays pour lui venir en aide ?