Jamais ne verrai-je après tant de regrets
Nager à mon plaisir dans l’amoureuse onde
Pignotant, frais autant sa chevelure blonde
Pressotant, suçotant ta bouchette d’œillets
Mignotant, langotant, ammorcillant l’accès
Mordillant ce téton, – petite femme ronde, –
Baisotant ce bel œil, – digne soleil du monde, –
Folâtrant dans ces draps délicatement nets
Ne sentirais-je point avec mille caresses
Le doux chatouillement des plus douces liesses ?
Ne serais-je amoureux mignonnement aimé,
Recevant le guerdon de mes loyaux services,
Remuant, étreignant, mignardant les délices,
Haletante d’aise, épris, vaincu, perdu, pâmé ?
Au ciel de vos beautés l’amour me défie ;
Presse-moi, resserre-moi, tiens-moi, joins-moi, mon cœur :
Car jà déjà je sens une douce liqueur,
Qui donne ensemblemment et la mort et la vie.
Marc de Papillon de la Sphrise (1555/1599)
Marcel Bealu. Recueil « Poésie érotique » (extraits). Éd. Seghers