
À peine a-t-elle eu le temps de s’effrayer, de sentir, qu’elle a dardée vers lui les couteaux exacts de sa joie, qu’une écume de neige adoucit, l’explosion du corps bien-aimé.
Son tronçon dans la neige ou le visage qui est le morceau toujours perdu n’est qu’une tâche un peu rouge, bientôt résorbée dans la neige.
Dans la chair plus fidèle une marque un peu rouge médaille la douleur au poinçon du visage.
Une seule remarque est témoin de ce qui est perdu.
Martine Broda. Recueil « Toute la poésie ». Ed. Flammarion