Existe-t-il encore un lieu où s’exerce la nuance, où l’on peut réfléchir lentement, où ce que l’on pense à encore le droit de s’exprimer de manière complexe, ou même de ne pas s’exprimer ?
Les anciennes formes de censure consistaient à nous faire taire, la nouvelle censure nous oblige à prendre position. L’injonction à dire est le totalitarisme de la communication.
Les médias ont pris le pli du tweet, et l’on demande à n’importe qui désormais de s’y conformer : si vous cherchez à parler autrement, vous serez inaudible.
C’est vrai, quoi : l’esprit est attaqué en permanence, et si l’on y prend garde, on perdra la tête. J’aime, quand ça ne va pas ; ouvrir les Pensées de Pascal. Eh bien, à sa manière, il en parle déjà : « Ces grands efforts d’esprit où l’âme touche quelquefois sont choses où elle ne se tient pas. » Voilà, l’âme ne se tient plus là, avec nous, elle s’est dispersée.
D’ailleurs comment pourrait-elle se tenir avec nous si nous ne parvenons même plus à nous concentrer ? Tout sur cette foutue planète est maintenant organisé afin de nous empêcher de penser, tout est fait pour que nous n’approfondissions plus notre solitude.
Le jour où nous n’arriverons plus à rejoindre notre solitude pour nous remettre à penser, le jour où il nous sera devenu impossible de nous extirper, nous aurons perdu notre âme.
Yannick Haenel. Charlie Hebdo. 31/01/2024
Beaucoup ne l’ ont ils déjà pas perdue ?
Elle est déjà en perdition pour beaucoup….
Bah, dis-moi. Pour avoir posté, à l’heure où beaucoup de gens dorment, ce commentaire, serais-tu une lève-tôt ou une couche tard ? Paroles dites avec juste un petit sourire en coin… amitiés. Michel