Sous quelle écume se dissout le rêve en chassé par le soleil qui mange ses pétales et ses bords que la nuit à déchirer ?
Où vont s’éteindre lentement les souvenirs que nous gardons précieusement dans un coin de nos archives ?
Quand les souvenirs s’ennuient, ils nous jouent des tours et nous voilà pris de nostalgie comme si le temps nous appartenait.
Comme si la musique et le goût d’enfance devaient nous consoler.
D’un côté comme de l’autre, il faut mieux dessiner des étoiles et des oiseaux, des syllabes et des poissons, des ânes et des figues de barbarie, des vergers et des vagues pour nous aider à fuir l’insomnie et le bruit d’un cœur qui bat fort en une nuit d’illusions au cœur d’une rose blanche brodée sur le drap bleu de l’amour.
La mer ses humeurs et ses secrets.
Que d’hommes entre percer ce mystère.
Ils ont forcé ses miroirs et peint son bruit
Insoumise, belle et cruelle
Elle apaise et remue la folie qui nous tient compagnie.
Tahar Ben Jelloun. Recueil « Douleurs et lumière du monde ». Éd. Gallimard