Pourquoi alors, avant d’obtenir une augmentation de salaire non sollicitée — oui, non, bon, je plaisante… — ne pas se demander où l’on se situe dans le magma du monde économique ?
C’est vrai, ça, on a sa paie, sa retraite, ses économies, ses éventuelles subventions et on se débrouille tout seul, dans son coin, avec ce que l’on considère comme quelque chose de privé, voire d’intime.
En Suisse, on ne partage rien sur ce sujet.
On fait face et on s’efforce de donner l’impression que tout va bien, que tout roule, et qu’on s’en sort
Comment dans ces conditions comparer sa propre situation à celle de ses voisins, histoire de voir si on est dans le coup ou plutôt hors-jeu ?
En avril 2023 PwC (PricewaterhouseCoopers), une immense société britannique d’audit aux 53 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, a publié une étude qui s’intitule « Espoirs et Craintes » et qui porte justement sur notre façon de nous débrouiller avec notre job, notre revenu et comment nous adaptons ainsi notre mode de (sur)vie
On y apprend qu’en fin de mois :
- 38% d’entre nous arrivent à payer leurs factures sans difficulté.
- 40% peuvent le faire, mais il ne leur reste rien ou pas grand-chose sur leur compte en banque.
- 15% se débattent pour boucler les fins de mois
- 3% n’y arrivent tout simplement pas.
- Les 4% restants n’ayant sans doute même plus de quoi répondre
Datant du mois d’avril 2023, l’étude laisse augurer des chiffres bien pires en 2024 après la hausse des primes d’assurance maladie, la progression des loyers causée par la hausse des taux d’intérêts, l’augmentation des prix de l’énergie et des coûts de la vie en généraL
En Suisse, pour faire face à ce mauvais sort, un salarié sur quatre à deux jobs. Que ce soit juste pour subvenir à ses besoins ou pour triturer une éventuelle autre place de travail, pour voir comment ça se passe dans un autre domaine. Pour acquérir d’autres compétences, voire pour démarrer son propre business.
Reste qu’il est préoccupant de constater que plus de la moitié des personnes qui ont un deuxième travail le font uniquement pour des raisons financières.
Sans cet apport un peu plus de 12,5% de la population serait dans l’incapacité de régler ses factures.
Grâce à cette étude, vous savez à présent où vous vous situez sur cette l’échelle. Savoir que l’on partage les mêmes difficultés que d’autres, fait peut-être du bien, mais il y a quand même quelque chose qui cloche : dans un pays riche comme la Suisse, il n’est pas normal de travailler à plein temps et de ne pas pouvoir s’entretenir !
Et encore : on ne parle là que des salariés. La situation est encore plus problématique chez les retraités. Et ils représentent 20% de la population
André Draguignan – Revue Vigousse (Suisse) 17/11/2023
Est-ce toujours valable : c’est mieux chez les autres ??? MC