Macron gouverne isolé, contre l’avis de millions de Français mobilisés depuis des mois.
[…] Le président de République s’est précipité dans l’ombre, quelques heures à peine après la validation partielle de son texte par le Conseil constitutionnel.
Si la démarche est légale, elle constitue une violence supplémentaire contre le pays, alors que 70 % des Français, dont 90 % des actifs, sont opposés à cette réforme qui a rassemblé contre elle des millions de manifestants dans les rues.
Quel message leur envoie le forcené de l’Élysée ?
Qu’il n’en a cure, et reste déterminé à promulguer l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans contre l’avis général. [Avec en filigrane qu’au départ du projet retraite, il – ou plutôt à la fois l’UE et les patrons – recommandaient 65 ans ; d’ailleurs les médias relayant la parole de conseiller du gouvernement prônaient comme en Allemagne 67 ans… car la volonté est bien d’aligner les retraites de la communauté européenne le plus tard possible afin de permettre au patronat, l’aval de petits boulots intérimaires mal payés pour les fins de carrière. MC]
« Ne rien lâcher, c’est ma devise », a-t-il plastronné, vendredi 14 avril, lors de sa visite du chantier de Notre-Dame de Paris.
Néanmoins, il n’est pas question ici de « lâcher » mais d’écouter le peuple, de respecter l’exigence de démocratie plutôt que de gouverner contre le pays. Vendredi, le chef de l’État, isolé, a fait quadriller toute l’île de la Cité, inquiet à l’idée que le moindre citoyen puisse croiser son chemin à proximité de la cathédrale en rénovation.
Au même moment, la première ministre, Élisabeth Borne, était rattrapée par la réalité de son action dans un supermarché d’Eure-et-Loir, qu’elle a traversé sous les cris de « 49.3, on n’en veut pas » !
Le chef de l’État s’imagine-t-il pouvoir passer à autre chose, et lancer de nouvelles réformes comme si de rien n’était ? Il prépare certes une allocution qu’il donnera ce lundi 17 avril à 20 heures.
Que pourra-t-il bien raconter, alors que la rupture semble définitivement consommée entre lui et les Français ?
[…]
Aurélien Soucheyre. Le quotidien l’Humanité. Source (Extraits)
Version Huffington Post.
L’allocution de Macron, une prise de parole qui peut tomber dans le vide
Après la promulgation, l’allocution. Ce lundi 17 avril, Emmanuel Macron entend reprendre l’initiative.
Une prise de parole à 20 heures apparaissant comme le service après-vente du parcours tortueux de la réforme des retraites qui, malgré le feu vert du Conseil constitutionnel, continue de se heurter à l’opposition syndicale et politique, autant qu’à la colère […] de la rue.
Ce format, plus solennel que son interview ratée accordée aux JT de 13 heures de TF1 et France 2 le 22 mars, intervient dans un contexte délicat, où seul son propre camp, affaibli par la majorité relative à l’Assemblée nationale, [eux qui sont élus et de possibles rééligibles, pensant à l’avenir, alors qu’Emmanuel ne le peut plus ! MC] semble timidement partager son récit et ses orientations.
De quoi interroger la pertinence de cette prise de parole, puisque l’intéressé a pour le moment écarté les différents outils de sortie de crise politique, comme la dissolution, le remaniement ou un référendum sur les retraites. Un paradoxe, puisque ces trois options permettant de donner un nouveau souffle à un début de quinquennat sentant la fin de règne sont majoritairement souhaitées par les Français.
Romain Herreros. Source (Extraits)
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