Séparer l’intox de l’info.

  • Les demandeurs d’asile reçoivent-ils 430 euros par mois, comme l’affirme Zemmour ?
  • Quarante millions de migrants sont-ils entrés sans contrôle dans l’Union européenne ?
  • « Tous AntiCovid » est-elle l’application française la plus téléchargée dans le pays?
  • Quarante-cinq éoliennes offshore suffisent-elles à remplacer une centrale nucléaire ?

Voici quelques-unes des « informations » passées au crible par De Facto (1), une toute nouvelle plateforme de vérification des faits (fact-checking).

Fruit d’une initiative inédite mêlant journalistes, chercheurs et professionnels de l’éducation aux médias, cet outil a l’ambition de donner de nouvelles clés au grand public, y compris aux plus jeunes, pour mieux s’informer. «Notre paysage informationnel a été bouleversé par l’explosion des réseaux sociaux. Cette nouvelle liberté a des effets très positifs, tout le monde a désormais le droit de s’exprimer et de critiquer experts, responsables politiques et médias, analyse le sociologue Dominique Cardon, patron du MédiaLab de Sciences Po, partenaire de De Facto.

Mais elle a aussi des conséquences toxiques puisqu’elle peut déboucher sur la diffusion de fake news [« infox ou fausses informations », ndlr] à grande échelle. La plateforme doit aider à lutter contre la désinformation et à insuffler de l’esprit critique.»

Lancée début janvier, De Facto propose près d’une centaine d’informations vérifiées et authentifiées, essentiellement par l’Agence France-Presse (AFP), qui a mis en place des cellules de vérification dans quatre-vingts pays. Quelques médias partenaires, comme Libération, Radio France ou 20 Minutes apportent aussi leur contribution — le cercle est amené à s’élargir rapidement.

La plateforme met également en ligne un ensemble de recherches portant sur les circuits de la désinformation, les effets de la transformation de l’espace numérique sur les manières de s’informer ou les enjeux de la régulation des plateformes.

De son côté, le Clemi (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information) propose un ensemble d’outils (contenus pédagogiques, vidéos, logiciels libres…) à destination du grand public et des enseignants qui expliquent, par exemple, comment l’information peut être falsifiée et quelles sont les meilleures techniques pour la vérifier. Et offrira une carte blanche à De Facto à l’occasion de la Semaine de la presse et des médias dans l’école pour une conférence sur les enjeux éducatifs de la lutte contre la désinformation.

Cofinancée par la Commission européenne, la plateforme s’inscrit dans un programme d’ensemble qui doit donner naissance à huit observatoires des médias et de l’information couvrant quinze pays d’Europe (France, Belgique, Pologne, République tchèque…).

De quoi, on l’espère, mieux s’armer contre les infox et défendre l’information de qualité à l’échelle du continent.


Richard Senejoux – Télérama. N° 3764. 02/03/2022


  1. defacto-observatoire.fr

Une réflexion sur “Séparer l’intox de l’info.

  1. jjbadeigtsorangefr 04/03/2022 / 10h30

    La vérité est plus difficile à admettre que la croyance pour beaucoup. L’idée développée pour la mise en place de cet organisme, aussi intéressante qu’elle soit, aura du mal à prospérer auprès de ceux dont les turpitudes neuronales annihilent l’esprit critique.

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