L’ OTAN est dans une situation particulière : les présidents français et américain se sont montrés, chacun à leur manière, assez critiques de l’organisation tandis qu’Angela Merkel a déclaré que l’ OTAN avait « plus que jamais besoin d’être préservée ».
- Quelles conséquences peuvent avoir les déclarations de Macron très critiques vis-à-vis de l’ OTAN, qui a rencontré le secrétaire général de l’ OTAN Jens Stoltenberg il y a quelques jours ? Le chef de l’État français était-il dans son rôle ?
Après son interview à The Economist, et lors de son entretien avec le secrétaire général de l’ OTAN, Emmanuel Macron a parlé de « wake-up call ». L’objectif était donc plus d’alerter les membres de l’alliance sur le rôle politique de l’organisation qui est un peu flou.
Le contexte stratégique a, il est vrai, bien évolué depuis la fin de la guerre froide. Les intérêts de sécurité de la Turquie au Proche-Orient ne sont pas ceux des Européens. Les États-Unis se désengagent du Proche-Orient tout en conduisant une politique contraire aux intérêts de sécurité européens vis-à-vis de l’Iran. Or le Proche-Orient c’est le voisinage de l’Union européenne et c’est donc la sécurité des Européens qui est directement en jeu.
Il faut donc s’interroger sur le rôle futur de l’alliance et tout le monde devrait gagner à conduire cette réflexion.
Le deuxième message est qu’il faut que les Européens prennent en main leur destin. D’une part, c’est demandé par les États-Unis qui ne veulent plus payer pour la sécurité de l’Europe ; c’était demandé par Barack Obama, ça l’est également par Donald Trump, certes dans des termes plus crus, mais la problématique est la même. Cette demande est légitime et il faut que ce message soit bien compris dans l’Union européenne. Le chef d’État français est donc parfaitement dans son rôle. […]
Le propos d’Emmanuel Macron n’était pas de remettre en cause l’ OTAN en tant qu’outil militaire, mais de s’interroger sur sa portée politique. Aujourd’hui, le débat est désormais ouvert et il doit se dérouler de manière apaisée en évitant les invectives inutiles […]
- Alors qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ne semblent pas sur la même ligne vis-à-vis de l’OTAN, quid des autres membres de l’Union européenne ? Quel avenir pour l’autonomie stratégique européenne dans ces conditions ?
La divergence entre le président français et la présidente allemande sont des divergences de forme, pas des divergences de fond. L’armée allemande a été reconstituée après la Seconde Guerre mondiale à partir de 1954 dans le cadre de l’ OTAN, car personne ne voulait d’une armée nationale allemande. L’Allemagne ne peut donc accepter que l’on attaque l’ OTAN frontalement or c’est le sentiment qu’a donné le président Macron avec son interview à The Economist : toujours cette petite phrase sur le « brain death ». […]
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Le point de vue de Jean Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS. Source (Extrait)
L’OTAN est l’outil des USA pour entrainer les troupes des pays adhérents dans les conflits qui servent les intérêts des américains. On a failli aller en Irak heureusement la France n’avait pas encore réintégré cette organisation et Chirac a pu dire NON. Sarkosi est rentré dans le rang mais pour autant les forces de l’OTAN sont en tant que telles sont absentes de l’Afrique. Se poser la question de son adhésion n’est pas inutile.