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Un véritable calvaire !

Le téléphone sonne (et resonne) jour et nuit. Une fois, une société propose un système d’isolation à 1 euro ; le coup d’après, un robot suggère à l’heureux gagnant d’un jeu auquel il n’a pas participé d’appuyer sur la touche 1. Les témoignages de Français harcelés par ces nuisances téléphoniques (ils seraient 47 %) ont fini par émouvoir le gouvernement… après dix ans de quasi-inaction !

Dessin de Diego Aramega – Le Canard Enchainé – 28/08/2019

Mais que fait donc la police… du téléphone ?

Il en aura fallu, du temps, pour que l’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep) prenne les mesures qui s’imposent !

Depuis le 1er août, les appels internationaux et les messages vocaux préenregistrés sous un faux numéro sont interdits. Pas trop tôt !

Le régulateur vise les sociétés qui usurpent un numéro d’appelant pour tromper les usagers en affichant un indicateur géographique français (commençant par 01, 02, 03, 04 ou 05) ou un numéro polyvalent (09) pour des appels passés en réalité depuis des centrales à l’étranger. A charge pour les opérateurs téléphoniques de suspendre les numéros truqués…

Les gogos du bigo

L’Arcep entend aussi déclarer la guerre aux robots délivrant des messages automatisés avec de faux numéros de téléphones mobiles (06 ou 07). Si sympathique soit-elle, cette initiative du David des télécoms ne terrassera en rien le Goliath du colportage téléphonique…

Les Français restent timorés, quand les Américains sévissent à la source. En mai 2018, la FCC (commission fédérale des communications) a infligé une amende de 120 millions de dollars à une société basée en Floride qui, sous un numéro falsifié, avait passé 80.000 appels robotisés pour proposer des faux voyages à prix discount. Dissuasif !

« Les pouvoirs publics n’ont pas de stratégie d’ensemble, se lamente un acteur du dossier. Chaque administration travaille dans son coin, et le gouvernement favorise des actions préventives plutôt que coercitives. »

Si l’Arcep est chargée de lutter contre les numéros surtaxés, c’est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui examine les signalements (364.259 réclamations ont été déposées par 60.715 consommateurs en 2018) et contrôle les sociétés incriminées. L’année dernière, la moitié de ces entreprises (285 exactement) ont été poursuivies. Les sociétés aux pratiques illicites encourent une amende pénale pouvant atteindre 1,5 million d’euros. Pas de quoi décourager les gros arnaqueurs…

Ne quittez pas

Pour protéger les consommateurs du harcèlement téléphonique, le gouvernement comptait beaucoup sur Bloctel, le dispositif d’opposition au démarchage. Depuis le 1er juin 2016, les entreprises n’ont plus le droit de solliciter les 3,9 millions de clients (pour 8,4 millions de numéros) inscrits sur ce site, sauf en cas de relations contractuelles préexistantes. Si les entreprises sont censées réactualiser leur fichier avant de lancer une prospection, seules 800 boîtes se sont acquittées de cette obligation. Du coup, Bloctel bloque peu. Pour être tranquille, mieux vaut être sur liste rouge ! Allô, quoi !

Dans un rapport du 22 février 2019, le Conseil national de la consommation (CNC) « déplore le manque d’efficacité » de ce service extrêmement coûteux pour les entreprises. Ces dernières, en effet, doivent débourser entre 6.000 et 40.000 euros par an (soit jusqu’à dix fois plus que dans d’autres pays d’Europe) pour consulter les fichiers Bloctel gérés par la société privée Opposetel. Si elles n’obtempèrent pas, elles risquent jusqu’à 75.000 euros d’amende.

Les réticences au filtrage s’expliquent.

Selon le CNC, les 3.500 centres d’appel français emploient 280.000 personnes à temps plein, dont un cinquième entièrement dévolues au démarchage téléphonique. En 2016, ce marché pesait 2,1 milliards d’euros.

Les opérateurs n’ont aucun intérêt à prêter main forte aux pouvoirs publics. Non seulement ils gagnent de l’argent à chaque appel, mais, en plus, ils veulent eux aussi pouvoir démarcher de nouveaux clients depuis leurs plateformes situées à l’étranger. Pour leur fourguer un nouveau téléphone, par exemple, que fera bientôt sonner un robot harceleur…


Odile Benychia-Kouide. Le Canard Enchainé. 28/08/2019


Perso; je m’amuse quelquefois a « décrocher le téléphone» de ce genre de numéro inconnus et parfois cachés. Lorsque un interlocuteur-une interlocutrice est présente au bout du fil, avant qu’il ou elle commence à parler et je lui demande illico son n° de téléphone en lui précisant que j’allais la rappeler de suite… un « blanc » ne manque pas de se produire chez l’interlocuteur ou l’interlocutrice qui invariablement demande alors pourquoi j’entends le ou la rappeler puisque c’est leurs services qui appellent « gratuitement ».

J’en profite alors pour lui signaler que je n’en veux absolument pas à la personne présente au bout du fil, qu’il ou elle fait là un métier difficile avec beaucoup de contraintes, mais également fait du harcèlement qui juridiquement est « pénalisable » … dans la plupart des cas je ne termine pas ma phrase, l’interlocuteur l’interlocutrice à raccrocher.

Mais, j’ai pu constater surtout suite à des démarchages téléphoniques d’industriels implantés localement, qu’ils ne rappelaient plus depuis mon laïus.

Une faible consolation, je vous l’accorde, face à l’écoute des nombreux dérangements journaliers … surtout aux heures où vous commencez à déjeuner ou dîner…