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 « La pire crise humanitaire au monde. » C’est en ces termes alarmants que l’ONU parle de la situation actuelle au Yémen. Alors que le conflit est dans sa quatrième année, l’ONU estime que les bombardements et les affrontements ont fait au moins 6.000 morts et 10.500 blessés parmi les civils.

Selon Handicap Int. : Dans ce pays majoritairement sunnite, la minorité chiite (40 % de la population) conteste le pouvoir central car elle s’estime mise à l’écart de la vie politique et économique. Depuis 2015, la guerre civile a pris une dimension régionale.

Les trois quarts de la population yéménite ont désormais besoin d’une protection humanitaire. Près de 18 millions de personnes sont en insécurité alimentaire car, à cause du blocus des ports, la nourriture se raréfie dangereusement, dans un pays qui dépend à 90 % des importations. Le risque de famine est alarmant : fin 2017, 1,8 million d’enfants et 1,1 million de femmes enceintes ou allaitantes souffraient de malnutrition aiguë. Seize millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Une épidémie de choléra se répand.

L’urgence sanitaire est extrême, d’autant que seulement la moitié des infrastructures de santé du pays fonctionnent encore.

Depuis 2015, 16.000 raids aériens ont frappé la population yéménite. « L’urgence absolue est de respecter le droit international humanitaire, qui interdit de bombarder les civils », souligne Jean-Pierre Delomier, directeur des Urgences de Handicap International.

Selon  « La Croix » : Cette guerre repose sur plusieurs couches conflictuelles régionales : elle interroge le rôle de l’Iran, la crise du Golfe avec le litige entre l’Arabie saoudite et le Qatar…

La décision américaine, début novembre, d’arrêter de ravitailler en vol les avions saoudiens a permis d’empêcher au moins la moitié des frappes aériennes de la coalition. Les Émirats arabes unis sont allergiques à l’idée de renvoyer une mauvaise image internationale, les Saoudiens pourraient lâcher du lest car ils sont sous pression depuis l’affaire Khashoggi (Le reporter assassiné). En revanche, l’Iran n’a rien à perdre et ne semble pas vouloir s’en retirer.

Longtemps, les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas eu la volonté de trouver une résolution politique au conflit. La France, par exemple, pourrait jouer les médiatrices : elle est très proche des Saoudiens, mais aussi des Émiriens à qui elle vend des armes. Enfin, elle pourrait aussi axer cette médiation sur l’accord sur le nucléaire iranien. Si celui-ci était sauvé, Téhéran se retirerait du bourbier yéménite. »

Selon diverses sources recoupées : La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui a causé un horrible massacre à Saada il y a bombardé un bus transportant des dizaines d’enfants, tuant près de 60 personnes, a une fois de plus montré sa férocité et son mépris total pour le droit international et pour la vie de la population civile au Yémen. Ce massacre sanglant d’écoliers s’ajoute au massacre à Hodeida, où les forces aériennes saoudiennes ont une fois de plus bombardé la population civile, tuant 55 personnes et en blessant plus de 200.

Après trois ans d’intervention au Yémen, le monde ne peut ignorer que le gouvernement de Salmane ben Abdelaziz et de Mohammed ben Salmane est directement responsable de la catastrophe, de la mort et de la douleur que leurs troupes et les bombardements causent dans le pays. Se moquant de la souffrance yéménite et du choc horrifié du monde, le cynisme brutal du gouvernement de Riyad est allé jusqu’à justifier le meurtre d’enfants à Saada, sous prétexte que le bombardement constituait une action militaire légitime et qu’il était conforme aux normes internationales et au droit humanitaire.

L’intervention de l’Arabie Saoudite et de ses partenaires du Golfe (avec le soutien ouvert des États-Unis) dans le conflit yéménite a déjà causé plus de dix mille morts, dont, selon l’UNICEF, deux mille deux cents enfants ; elle a détruit une grande partie des installations sanitaires du pays et des centaines d’écoles, aggravé les difficultés et la faim, rendu possible l’émergence de maladies telles que le choléra, et a mis dix millions d’enfants yéménites dans une situation très grave qui nécessite une aide humanitaire d’urgence.

L’ONU a décrit la situation dans le pays comme étant la crise humanitaire la plus grave au monde aujourd’hui. Cependant, la protection, la connivence et le silence des États-Unis, de la plupart de ses alliés et d’une grande partie de la presse internationale à l’égard du gouvernement saoudien a permis à l’horreur du Yémen de devenir une guerre presque oubliée.

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La complicité avec la dictature féodale sanguinaire de l’Arabie maintenue par les États-Unis  […] et  par d’autres pays, explique l’insolence et l’arrogance du gouvernement de Riyad  […]. Il est urgent de mettre fin à l’agression et à la guerre au Yémen. Les tueurs qui bombardent et mitraillent la population civile yéménite doivent être arrêtés, et le gouvernement saoudien doit être tenu responsable de crimes de guerre devant les tribunaux internationaux […]