L’islam extrémiste, impose sa loi dans maints pays, maints continents…
L’article ci-dessous présente des éléments de compréhension sur les enjeux en Afrique qui se jouent actuellement dans ce continent — au demeurant fort peu expliqués par les médias, mais peut-être intentionnel ? — , en mettant en lumière l’influence grandissante de la Russie et de la Chine, dans un contexte de changement de domination mondiale qui semble s’opérer au détriment de l’hégémonie américaine depuis presque deux siècles. MC
Le Sahel central (Mali, Burkina Faso, Niger) fait face à plusieurs crises qui se renforcent mutuellement et affaiblissent la région. L’échec des politiques publiques, la pauvreté croissante, la forte croissance démographique, la vulnérabilité climatique, les tensions ethniques et religieuses, l’augmentation des extrémismes, la restriction des libertés et l’ingérence étrangère ont créé un climat instable. De nombreux territoires échappent au contrôle de l’État, la violence contre les civils augmente, et une partie de la jeunesse, sans avenir, se tourne vers des mouvements radicaux.
Cette situation de chaos permet l’intervention de puissances étrangères aux intérêts variés, renforce le rejet des modèles occidentaux et transforme le Sahel en un nouvel épicentre de luttes idéologiques et de conflits armés. Face à ce risque d’aggravation, il est crucial que les États voisins se protègent pour lutter contre la montée des régimes autoritaires et des dérives religieuses.
L’illusion dissipée des juntes
et la débâcle sécuritaire
L’euphorie initiale du renversement des régimes démocratiques au Mali, Burkina Faso et Niger a cédé la place à une réalité alarmante : les juntes ont aggravé les fragilités des États et favorisé l’expansion des groupes djihadistes.
La junte malienne, en multipliant les décisions liberticides, a permis au GSIM de menacer Bamako.
Au Niger et au Burkina Faso, l’absence de coopération régionale et internationale et l’orientation vers des partenariats russes ou chinois n’ont pas résolu la crise sécuritaire, mais l’ont empirée, illustrée par la militarisation des administrations et l’abandon du terrain aux groupes armés.
Absence criante des voix
panafricaines jadis triomphantes
Le panafricanisme, autrefois porteur d’espoir pour la « libération » du Mali et du Sahel face à l’influence occidentale, est devenu silencieux face à la dégradation sécuritaire et à la dépendance accrue envers Moscou. Ce mouvement se transforme en un rejet viscéral de l’Occident, tout en négligeant l’importance d’une véritable intégration régionale, remplaçant une dépendance par une autre et facilitant l’entrée de forces djihadistes.
Un bilan pour conclure :
de l’enthousiasme à la désillusion
La situation actuelle au Mali, Burkina Faso et Niger remet en question les espoirs exprimés par certains depuis 2020, qui se réjouissaient du départ des Occidentaux et de nouveaux partenariats, mais font face à une réalité marquée par le chaos, l’effondrement des institutions et la perte de légitimité.
Le silence actuel de ces tenants d’un panafricanisme d’apparat révèle la profonde crise de crédibilité d’une idéologie qui n’a pas résisté à l’épreuve des faits.
Synthèse d’une analyse de Jean-Marc Gravellini. IRIS. Source et lien pour lire l’original
Jean-Marc Gravellini est chercheur associé à l’IRIS, spécialiste des enjeux sécuritaires et de développement dans la zone sahélienne. Ses autres principaux domaines de compétence sont la définition et la mise en œuvre de documents de positionnement stratégique, tant du point de vue de l’élaboration de politiques publiques que de programmes d’investissement.