Dans l’ordre de la connerie…

… E-U. Comment fabriquer son propre bébé HPI

Avoir un enfant intellectuellement « challengé », est-ce un frein à l’amour parental ? Dans la Silicon Valley, oui. Les techno-ploutocrates semblent prêts à tout pour éviter d’avoir des rejetons bas du front, même à l’eugénisme le plus crasse.

En 2025, avoir un enfant n’est plus un « heureux accident », mais un processus contrôlé grâce à la biotechnologie. La technologie vise à concevoir le bébé parfait, et le mouvement pro nataliste encourage à avoir de nombreux enfants. Les avancées en génétique ont ouvert la voie à la naissance de bébés génétiquement optimisés. Fini les problèmes de santé et les troubles, la progéniture de la Silicon Valley sera sans défaut. Pour éviter les enfants avec des problèmes, de nouvelles entreprises offrent des services de sélection embryonnaire basés sur la génétique. Des sociétés comme Genomics Prediction et Nucleus Genomics promettent d’éliminer le hasard de la reproduction en permettant aux parents de choisir des embryons, même selon leur potentiel intellectuel.

Plutôt 125 de QI ou 1m80 ?

Le concept repose sur le diagnostic génétique préimplantatoire, utilisé depuis des décennies lors des fécondations in vitro (FIV). Parmi plusieurs embryons produits, ces boîtes analysent leur génotype et fournissent un rapport comparant chaque embryon selon des critères tels que les risques de maladies (Alzheimer, cancer du sein, maladie de Crohn, schizophrénie) et des traits physiques ou comportementaux comme la taille et le quotient intellectuel. Les parents doivent alors faire un choix, par exemple : « Embryon 1 » avec un risque de 21 % d’attaque cardiaque et un QI de 125, ou « Embryon 2 » avec un QI de 100 mais mesurant au moins 1 mètre 80. En 2017, Genomics Prediction lance le premier service de bébé à la carte, limitant alors les données à la détection des embryons avec un QI très bas. En 2019, son fondateur, Stephen Hsu, déclare que des prédictions précises du QI seront possibles dans cinq à dix ans, et depuis l’année dernière, les offres de sélection embryonnaire basées sur le QI se multiplient. Kian Sadeghi, entrepreneur de 25 ans, a levé plus de trente millions de dollars pour créer Nucleus Genomics, un logiciel de sélection embryonnaire intégrant le QI. La start-up Herasight a également lancé son service après quatre ans de développement, attirant rapidement des centaines de demandes de futurs parents.

L’Europe, cette eugéniste autoritaire

Pour certains libertariens, il n’est pas question de discuter de l’eugénisme. « Si vous êtes propriétaire de votre corps et de vos embryons, vous devriez avoir accès à toutes les données génétiques. Ni votre gouvernement ni votre médecin ne devraient vous dicter ce que vous faites avec vos embryons », affirme John Anomaly. Il critique les gouvernements européens qui, selon lui, sont « eugénistes » en interdisant la sélection des embryons jugés « viables » : « Empêcher un individu d’accéder aux données génétiques de son futur enfant est déjà une forme d’eugénisme. » Au-delà de cette vision de la liberté, le diagnostic embryonnaire est très lucratif. Chez Herasight, le coût minimum commence à 15 000 dollars pour « un diagnostic unique sur une fournée d’embryons », précise M. Anomaly.

Pour le package VIP, il est de 50 000 dollars, ce qui inclut cinq ans de service pour jusqu’à 100 embryons, ainsi que des mises à jour des analyses. « Satisfait ou remboursé ? Pas vraiment, » nuance-t-il, « Nos données ne sont que des prédictions. »
Cette situation soulève des questions : malgré les sommes dépensées, les parents ne peuvent pas demander un résultat concret, ni savoir réellement si le service est efficace. « Nous ne sommes pas certains que ce soit fiable. Nous nous basons sur des modélisations, mais l’expérience réelle dure dix ans : le temps que l’embryon devienne assez grand pour mesurer son QI », explique le Dr Shai Carmi.
Selon lui, le scan polygénique n’augmente le QI que de trois points, tandis que Nucleus Genomics annonce six points. De plus, il souligne que l’éducation et l’environnement jouent un rôle majeur dans les capacités intellectuelles.

Cela amène à se demander si ces parents à la recherche du bébé parfait ne gaspillent pas leur argent.

Une bulle spéculative ?

Pour Arthur Caplan, professeur de bioéthique à l’Université de New York, et James Tabery, philosophe et historien des sciences à l’Université de Pittsburgh, les grandes promesses de bébés « optimisés » sont, en effet, largement exagérées. « C’est ce qui arrive quand on adapte la biogénétique à la Silicon Valley : la fiabilité scientifique est sacrifiée au profit d’une vantardise qui prétend bouleverser un statu quo médical dans un secteur qui n’en a peut-être même pas besoin », écrivent les deux chercheurs dans un article titré Le mythe du bébé sur mesure – pourquoi « l’optimisation génétique » est plus de la publicité que de la science, publié dans Scientific American en juillet dernier.

Les jeunes entrepreneurs semblent plus inspirés par Elizabeth Holmes que par Louis Pasteur, ce qui inquiète la communauté scientifique.

Le Dr Shai Carmi évoque les dangers de l’utilisation de la génétique pour améliorer une population, craignant la création de deux classes d’humains.

Parallèlement, dans le monde de la tech, le QI est un critère clé pour l’admission dans des écoles comme Mirman, qui n’accepte que les enfants ayant un QI supérieur à 138, laissant de côté ceux en difficulté.


Zoé Gachen Charlie Hebdo Source (Synthèse – invitation à se procurer l’original)

L’avis de B.H.

Il y a des aspects inquiétants et même écœurants dans les applications de la recherche génétique. La France et la Pologne, seuls au monde, interdisent l’accès des particuliers à leur génome. Ainsi pour les enfants nés sous X ou dans des conditions d’abandon, la loi leur interdit de connaître leurs parents leurs frères et sœurs, elle interdit même, en cas de PMA de savoir si l’embryon est viable, et donc fait payer à la Sécurité sociale et aux parents des sommes importantes sans savoir si un enfant viable naîtra.

La France a choisi, comme d’habitude, de se voiler la face, ne permettant qu’aux riches qui ont une adresse à l’étranger, d’accéder à des informations que l’état se réserve. On est dans un pays où le mélange gauche-droite (préventions pseudo sociales et préventions religieuses) conduisent à des résultats catastrophiques et plus inégalitaires que dans les pays franchement fascistes.


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