Sillons

La ride est ce trait lumineux au creux du cou au mitan de pointés seins. Une feinte de l’âge à l’assaut du Mont de Vénus. Un coulis de plaisir qui, au front, ne se reproche rien.
Une pente douce où la vie porte ses allées de halage sur le dos de ses sacs d’hiver osant sel à la langue entre des roulis d’épice et de safran et des épis d’épeautre.

On trouve tombé par hasard un jour un cheveu blanc dans la soupe, puis en nu apôtre une calvitie évidant striant la peau du crâne.

La ride est un petit calva ajouté au café du matin que renvoie le fond de tasse quand le jour descend.
La ride est une étoile dans la nuit sur un fard à paupière quand deux fesses de plis se serrent les genoux.

Et que la mort titille et polit tes restes de fœtus oubliés sur la commode du temps tenu. La rude ride avance ses pas de loup, toute peur éteinte.

Pas encore l’hiver
Mais l’été a été


Gilles Compagnon. « Souffleurs de vers, poseurs de proses » Ed. Jacques Flament.


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