Sans poésie, aucune…

Le premier garçon qui m’a embrassée
tenait mes épaules
comme le guidon
de la première bicyclette
qu’il ait jamais conduite
j’avais cinq ans

il avait l’odeur de
l’être affamé sur ses lèvres
une odeur rappelant son père
se repaissant de sa mère à 4 heures du matin

il était le premier garçon
à m’apprendre que mon corps était
à donner à ceux qui le voulaient
et que je ne pouvais pas
ne pas me sentir pleine

… et mon dieu
je me suis sentie
aussi vide que sa mère à 4 h. 25 du matin

on
m’a appris
que les cuisses
sont un arrêt au stand
pour les hommes qui ont
besoin d’un lieu où se reposer
un corps vacant assez vide
pour accueillir des hôtes
mais où personne

ne souhaite
demeurer


Rupi Kaur. Recueil : « Lait et Miel ». Ed. Pocket/Charleston


2 réflexions sur “Sans poésie, aucune…

  1. Jeanne Glaude 26/08/2025 / 2h49

    Pas mal, amusante vérité je rigole….. bien à toi Michel

    • Libres jugements 26/08/2025 / 13h34

      Bonjour et merci Jeanne pour ton commentaire.
      Les écrits de femmes m’étonneront toujours par leurs absences de réserves et de pudeurs.
      Amitiés. Michel

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