J’avais tant de choses à te dire que j’ai fini par choisir le silence pour tout t’expliquer.
Le langage aveugle qu’on dit avec les mains, celui des signes que sur les lèvres, les sourds entendent très clairement.
Ai approché ma bouche, deux doigts légers ont parcouru ta joue en caresse diffuse, comme papillon de brise crissant, pliant ses ailes au bord, tout à droite de ton oreille gauche.
Tu as alors tout compris ce que je n’ai pas dit, par précaution, de peur de blesser. Ce que j’ai su malicieux oser te taire…
Demain viendra se glisser un écrit billet galant et presque doux, sous le revers boutonné de ta veste cintrée, bien au fond de ta poche, à hauteur de poitrine, tout proche du cœur…
Gilles Compagnon. Recueil « Souffler de vers, poseurs de prose. Ed J. Flament