Près de 800 enfants morts dans un foyer bientôt exhumés
Ils s’appelaient Kathleen, Mary ou Joseph : en Irlande, les premières exhumations des 796 enfants enterrés sans sépulture entre 1925 et 1960 dans un foyer religieux ont officiellement débuté.
Les experts irlandais avaient bouclé mi-juin le périmètre de l’ancienne fosse septique du foyer St Mary des sœurs du Bon Secours à Tuam, dans l’ouest du pays.
Objectif de l’excavation : retrouver, analyser, identifier si possible et inhumer dignement les restes des enfants, dont de nombreux nouveau-nés.
Ces opérations doivent durer deux ans. Des échantillons d’ADN ont été collectés auprès d’une trentaine de proches.
Cette quête, qui vise à sortir ces 796 enfants de l’oubli.
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Selon une source parmi d’autres…
Ces travaux sont l’aboutissement d’une enquête commencée en 2014 par Catherine Corless, historienne irlandaise originaire du territoire. Lors de ses recherches, elle découvre non seulement que plusieurs centaines d’enfants sont morts au sein du foyer religieux de Tuam, ouvert de 1925 à 1961, mais que les restes des victimes sont toujours là, laissés dans un ancien réservoir d’eaux usées. « Il n’y avait aucun registre d’enterrement, pas de cimetière, pas de statues, pas de croix, absolument rien », explique-t-elle à l’AFP.
Le foyer a été rasé en 1972 pour faire place à un lotissement. Mais la fosse septique existe toujours et va être le lieu principal des travaux d’exhumation.
- Qu’est-il arrivé à ces enfants ?
L’Etat irlandais et l’Eglise catholique, très puissante, géraient parfois ensemble ces établissements où étaient enfermées les femmes enceintes hors mariage. Après l’accouchement, ces mères célibataires étaient séparées de leurs enfants, qui étaient souvent donnés à l’adoption. Mais certains mourraient entre les murs de ces foyers, sans que les mères ne puissent avoir accès aux dépouilles voire ne soient au courant.
Lorsqu’elle se procure les registres des décès et des naissances, Catherine Corless découvre alors que les causes de la mort des enfants sont variées : rougeole, coqueluche, grippe, tuberculose ou encore bronchite. Le premier mort enregistré a cinq mois, en 1925. La dernière a le même âge, en 1960, rapporte l’historienne à la BBC.
En 2021, une commission d’enquête nationale sur les maltraitances dans les foyers religieux a conclu à un niveau de mortalité infantile « alarmant » au sein de ces structures, estimant à 9.000 le nombre de victimes. Entre 1922 et 1988, 56.000 femmes et 57.000 enfants sont passés par 18 foyers de ce genre.
- Pourquoi un si long délai ?
Les révélations de l’historienne ont provoqué une onde de choc en Irlande et une lente prise de conscience. « Personne ne voulait écouter », a notamment raconté Catherine Corless à l’AFP.
Le processus a été lent. En 2015, le gouvernement irlandais ouvre une enquête. Deux ans plus tard, des fouilles test du site permettent de retrouver « des quantités importantes de restes humains », rapporte la BBC.
- Quel est l’objectif de ces fouilles ?
Le but de ces opérations d’excavation, menées par une équipe locale renforcée par des experts internationaux venus de Colombie, d’Espagne ou encore du Canada, est de retrouver, d’analyser et, si possible, d’identifier les restes de ses enfants, avec l’ambition de pouvoir les inhumer. Mais des difficultés d’ordre technique sont à prévoir. « Nous avons affaire à un grand nombre de restes de bébés », a ainsi précisé Niamh McCullagh, consultante médico-légale principale de l’équipe, citée par l’AFP, qui ajoute que les ossements, de très petites tailles, ont été enfouis de manière aléatoire.
Des échantillons d’ADN ont été collectés auprès d’une trentaine de proches des enfants, présumés enterrés dans cette fosse commune, pour aider à l’identification des restes. Le processus devrait être élargi dans les prochains mois pour rassembler le plus de preuves génétiques possibles. Les fouilles devraient durer deux ans.
Source diverses et concordantes.
C’est dingue comment la religion a justifié des crimes pour cacher une réalité. Honteux et triste.