Avant toutes lectures, l’analyse ci-dessous date du 17 juin 2025 (12h) et compte tenu de la rapidité des événements, pourrait ne plus être en phase avec la réalité ou les informations. MC
Il n’est pas inutile de rappeler que tous les « articles » portés à la connaissance de chacun dans ce blog n’engagent que leur auteur.
Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères a analysé le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis plusieurs jours, après les attaques israéliennes sur des sites stratégiques et militaires iraniens, vendredi dernier.
Pour Jean-Louis Bourlanges, Israël s’est trompé de méthode, et aurait dû engager des « négociations multilatérales ».
Sur le plateau de Public Sénat, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre basse a critiqué la stratégie du Premier ministre israélien en Iran. Selon lui, Israël aurait dû adopter la voie de « négociations multilatérales » pour arrêter le programme nucléaire iranien, et non l’attaquer militairement. Aujourd’hui, « Israël a choisi une ligne qui n’est pas la bonne », estime-t-il.
Plongé dans ce « déchaînement de violence », et encouragé par la population israélienne qui le soutient, selon Jean-Louis Bourlanges, Benyamin Netanyahou pourrait alors « aller plus loin » dans son offensive. Reste à comprendre l’objectif du Premier ministre israélien, qui reste plutôt vague pour les observateurs de la scène internationale. « On ne peut jamais être sûr de contrôler une opération comme celle-ci », complète Jean-Louis Bourlanges.
« Le régime iranien est détesté par les Kurdes, les femmes et la bourgeoisie », analyse Jean-Louis Bourlanges
Cependant, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale ne croit pas à l’objectif de destruction du régime iranien par Israël. Jean-Louis Bourlanges s’aligne ici sur les mots du chef de l’Etat, qui a affirmé hier : « Tous ceux qui croient qu’en frappant avec des bombes depuis l’extérieur on sauve un pays malgré lui-même et contre lui-même se sont toujours trompés ».
Mais pour l’ancien responsable politique, il faut rester prudent : « ce régime est détesté ». Dans la population iranienne, il est « détesté par les Kurdes, les femmes et la bourgeoisie ». Il est également « détesté » par diverses puissances internationales et isolée dans la région du Moyen-Orient. Une telle haine pourrait donc justifier un tel objectif, d’après son analyse.
« Les États-Unis ne contrôlent plus grand-chose sur la vie internationale », juge Jean-Louis Bourlanges
Dans le reste du monde, un sommet du G7 se tient à Kananaskis au Canada, depuis dimanche 15 juin. L’occasion pour les dirigeants des pays membres de réagir au conflit en cours. Mais le président américain en a décidé autrement. En effet, Donald Trump a quitté aujourd’hui les réunions, pour justement se consacrer à la situation irano-israélienne depuis Washington. Une décision saluée par Emmanuel Macron, « Si les États-Unis peuvent obtenir un cessez-le-feu, c’est une très bonne chose ».
Mais Jean-Louis Bourlanges n’achète pas. Selon lui, le conflit en l’Iran et Israël prouve que les « États-Unis ne contrôlent plus grand-chose sur la vie internationale ». En effet, selon certaines informations, le chef de l’État américain aurait déconseillé à Benyamin Netanyahou de mener ces attaques en Iran, ce qu’il a ignoré. « Les Israéliens ont démontré leur profonde volonté d’autonomie, sinon d’indépendance, vis-à-vis de tout le monde, et notamment des États-Unis », a-t-il conclu.
Clarisse Guibert. Public-Sénat – Source