Fends la nuit
Des lances entre les phalanges
Mesure l’espace qu’il reste à parcourir
Avant de vivre pour de bon
Lorsque la clarté du ciel est insupportable
Je trahis
Lorsque le cœur de l’ami m’effraie
Je trahis
Lorsque plus rien ne se dresse face à la mélancolie
Je trahis encore
Je voudrais croire que vos coeurs offrent un refuge
Je doute
Et le monde bouge imperceptiblement
La parole fulgurante t’habite clandestinement
Je guette l’éclosion du monde
Dans chacun de tes mouvements
Je crois en ce pays imaginaire où des fous
Écrivent des vérités désordonnées
Tu dis les rives les plus belles
Sont celles qui échappent à notre mémoire
Et le mouvement des lèvres
En dit toujours plus que les mots prononcés
Clara Ysé. Recueil « Vivante ». Ed. Seghers