Le Vice-Président J.D. Vance…

… un catholique extrémiste, plus radical que le pape

Apparemment, rien de commun entre le pape François, 88 ans, né en Argentine d’immigrés italiens, et le vice-président des États-Unis James David (ou J.D.) Vance, 40 ans, enfant de l’Ohio.

Tous deux catholiques, certes, mais le second converti sur le tard, baptisé à 35 ans. Ils pourraient cependant se trouver des points communs si J.D. Vance, après avoir rencontré vendredi la présidente du conseil Giorgia Meloni puis samedi le cardinal italien et n° 2 du Vatican Pietro Parolin, obtenait ce dimanche 20 avril 2025, une audience papale.

Guerre culturelle

Premier point commun, la défense de la famille traditionnelle. J.D. Vance est venu à Rome avec sa femme Usha et ses trois enfants, constamment présents lors des cérémonies. Mais en ce domaine comme en d’autres, de manière sans doute plus radicale que le pape François. Il prône un droit de vote « familial » où les parents votent pour leurs enfants, milite contre l’IVG, mais aussi l’homosexualité, que le pape refuse de condamner.

J.D. Vance livre aux États-Unis et dans le monde un combat acharné contre les « woke (éveillés anti-discrimination). Une véritable guerre culturelle avec pour alliés, Giorgia Meloni, le président argentin Javier Milei ou encore l’extrême droite allemande (AfD), dont il a rencontré la cheffe Alice Weidel en février à Munich.
Il partage également avec eux un discours anti-migrants — qui l’a fait critiquer vivement les États européens en février à Munich, mais aussi le pape François, dont la solidarité avec les migrants est un fil rouge de son pontificat.

« Petits blancs » et milliardaires

Le vice-président américain est, comme le jésuite François, un intellectuel. Mais là encore sur le tard, car né dans une famille pauvre de l’Ohio, d’un père vite absent et d’une mère toxicomane.
C’est après un long passage dans les Marines, notamment dans l’Irak en guerre en 2005, qu’il entreprend des études et sort diplômé de la prestigieuse université de Yale. Il rencontre à cette époque Peter Thiel, le fondateur de PayPal, qui financera ses campagnes électorales et lui partagera ses convictions de libertarien catholique.
J.D. Vance en conserve une vertu rare, essentielle dans la galaxie de Donald Trump : savoir parler à la fois aux « petits blancs » et aux milliardaires de la tech.

L’Irak l’a convaincu de l’inanité des guerres extérieures qui confondent politique et « moralisme ». Son mot d’ordre est « l’Amérique d’abord », et il assume se « moquer de ce qu’il adviendra de l’Ukraine ». Le pape François ne dira pas cela, bien sûr, mais ils convergent, avec Giorgia Meloni, sur l’urgence première du retour à la paix, quoiqu’il en coûte à l’Ukraine.

Le vice-président US, possible successeur de Donald Trump, est décidément un radical.

Il écrit ainsi dans Hillbilly Élégie que « ceux qui vont régulièrement à l’église commettent moins de crimes, sont en meilleure santé, vivent plus longtemps, abandonnent moins souvent leurs études et obtiennent plus fréquemment un diplôme universitaire que ceux qui n’y vont jamais ».
Pas sûr que le pape François oserait prétendre cela.


Francis Brochet. Le Dauphiné. 20/04/23025


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