L’armure

Je ne sais vraiment pas où cela me mène.
J’avoue avoir quelques craintes.
Je me sens vulnérable, à moitié nu.
C’est assez difficile de persévérer dans la désinvolture.
Rester léger, s’y tenir.
Il y a quelque chose de paradoxal dans la démarche.
Faire durer le geste.
Sans gesticuler.
Je fais comme si je gardais mon sang-froid.
Je fais comme si tout cela n’avait que peu d’importance.
Mais c’est faux.
Je prie pour que ça marche.
Je durcis l’armure scintillante.
Puisse-t-elle éblouir quiconque la verra portée.
[…]
S’accrocher à l’ombre d’un oiseau qui passe.
À ce fétu de paille emporté par le vent.
Je voudrais dire Laisse-toi aller
Laisse-toi porter
Tout flotte
Je n’y crois pas moi-même
Mes pieds sont lourds comme des pierres envasées dans le lit d’un ruisseau

Et je ne vous parle pas de ma tête
Punitive.


Arthur Teboul. Recueil : « Le Deversoir ». Ed Seghers


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