Vertigo facho

Sur TikTok, Jordan Bardella s’épanche façon téléréalité devant ses followers : « Je me prépare à l’exercice de mes responsabilités. Y a-t-il un vertige ? Peut-être… » Fini joujoux et parties de « Cali of Duty », « la France n’étant pas un jouet, on a envie d’y aller, mais avec gravité », pose prudemment le conseiller lepéniste Franck Allisio.

Depuis cette dissolution, qui pourrait précipiter son destin, le dauphin de l’extrême droite ne s’affiche plus qu’en costume trois pièces. Et, pour parfaire son kit matignonnesque, ses équipes lui ont réservé la salle « Elysée » des Salons Hoche afin de dérouler son programme sans en détailler le financement.

Un fascicule truffé de photos prétextes, piochées sur la banque d’images libres de droits Shutterstock, a été bricolé pour la presse : le vieux manoir en granit qui illustre le volet fiscalité est, sur le site, legendé « maison de vacances en Bretagne ». Tout de suite, ça fait moins premier-ministrable.

Vertige, encore, lorsque Jordan Bardella affirme que « L’Etranger », de Camus, est son livre de chevet favori (M6, 24/6). Et pas « Les Mains sales », de Jean-Paul Sartre ?

Le vernis de ce « plan Matignon », qui était « prêt depuis belle lurette », selon Philippe Olivier, le beau-frère de Marine Le Pen, se craquelle.

Et l’on découvre qu’il ne l’était pas tant que ça, avec le lot d’investitures xénophobes ou homophobes que déterrent chaque jour nos confrères.

La saillie la plus vertigineuse étant peut-être celle de Marine Le Pen, qui ne voit « rien de raciste » dans le « rentre à la niche ! » lancé par une électrice du RN à Divine, une aide-soignante noire de Montargis (« Envoyé spécial », 20/6). « Moi-même, je peux le dire à l’égard de mes amis ! » s’esclaffe Le Pen.

Vertige, quand tu nous tiens…


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.