Ma petite Jeanneton
Me permet bien que je tâte
Son beau col et son menton
Et veut bien que je m’esbate ;
Mais si tôt que je me hâte
De ravir le beau bouton
Qui fleurit sous son téton
Et les fraisettes jumelles
Elle me dit en riant :
Ne touchez pas là, friant,
C’est le joyau des pucelles.
Toutefois je mets la main
Tant elle m’est frétillarde
Au fond profond de son sein :
Ell’ n’en fait que la mignarde ;
Mais si paillard, je hasarde
De glisser ma main plus bas
Pour accomplir les esbas
De nos vives étincelles,
Elle me dit en criant :
Otez votre main, friant,
vous feriez tort aux pucelles.