Dicton
Au temps de Colbert, on disait d’un vêtement dont le tissu élimé boulochait et perdait des fils, qu’il « jetait un mauvais coton », annonciateur d’une fin prochaine. Même s’il était en laine !
Jeter à ici le sens de sortir comme dans « jeter sa gourme », et coton, celui de bourre d’aspect cotonneux.
De même, on disait : ce lainage se cantonne. Avec la diffusion du coton, jeter ne sera plus compris au XIXe siècle. La logique populaire lui substituera le verbe filer.
« C’est coton », c’est difficile, date de la même période.
Il était en effet difficile d’adapter les rouets et les premières machines à filer et à tisser conçues pour la laine, le lin ou le chanvre, à ce matériau nouveau quoique connue depuis les sarrasins, le « quoton ».
Bernard C. Galey. Recueil « Du coq à l’âne ». Ed. Taillandier
Dans mes Ardennes natale, « on file un mauvais coton » quand « on est mal barré »… autrement dit : quand on a peu de chances de « s’en sortir ». Cela peut concerner l’état de santé, les affaires, les amours..