Une belle femme entre à présent dans mon champ de vision
De grands yeux clairs, un regard sûr, elle semble sourire sans raison
Je la regarde quand elle s’approche, elle marche avec délicatesse
Je la regarde quand elle s’éloigne pour admirer ses jolies tresses
Une autre revient des courses, elle est chargée comme une mule
Le visage fermé, le regard presqu’aussi triste que son pull
Elle porte tout le poids de la routine dans chacun de ses mouvements
A moins, que ce ne soit le poids des sacs, j’extrapole un peu sûrement
Mais regarder les gens passer, c’est ne les connaître que 20 secondes
Il faut alors imaginer toute une histoire qui corresponde
Comme ces deux jeunes qui parlent en slave, sûrement des espions russes
Ou peut-être juste deux étudiants en échange Erasmus
Alors j’arrête une minute de pousser mon imagination
Pour admirer le dernier style de la nouvelle génération
Des jeans slim et des coiffures comme dans les clips tard le soir
J’ai un peu de mal à comprendre, je crois qu’je suis en train de devenir ringard
Il va falloir que je me relève, il va être l’heure de se retirer
Je jette un dernier regard panoramique pour m’inspirer
Y’a un vieux qui regarde devant, et son petit fils qui regarde derrière
C’est peut-être un symbole d’un monde qui marche à l’envers
Je reprends ma route et mes projets, c’est qu’y a du pain sur la planche
On a des années à construire, des ambitions sur chaque branche
Mais chaque fois qu’y’en aura marre de se vouloir trop exigeants
Il nous restera ça, un banc pour regarder les gens
Grand corps malade. Fabien Marsaud
Merci pour cette belle publication de Fabien,