Il s’appelle Metin Cihan, il a 44 ans et il vit exilé à Berlin. Ce journaliste turc indépendant vient de mettre une belle pagaille dans les milieux gouvernementaux d’Ankara.
Voilà que ce fouineur s’est mis en tête de recenser, jour après jour sur son compte X, le trafic des navires qui relient les ports turcs à Israël (« Le Figaro », 27/12). Les données sont en accès libre sur les sites maritimes.
Ce petit exercice s’est révélé aussi cruel que salutaire.
Car, d’un côté, il y a un président, Recep Tayyip Erdogan, qui prend fait et cause pour les Palestiniens, qualifiant Netanyahou de « boucher de Gaza » pour complaire à sa base islamo-nationaliste, et, de l’autre, il y a le business. Et il se porte bien, le business turco-israélien.
Depuis le déclenchement de la riposte israélienne, 450 navires turcs ont rejoint les côtes d’Israël avec, à leur bord, du carburant pour les avions de chasse de Tsahal, des câbles, bref, tout ce qu’il faut pour un conflit de longue durée et une contre-offensive militaire pourtant qualifiée de « génocidaire » à Ankara…
Non seulement le petit commerce maritime entre les deux pays est des plus florissants, mais en plus, il est entre les mains des dirigeants au pouvoir, ceux-là mêmes qui appellent au boycott de l’État hébreu.
L’une des sociétés les plus importantes appartient à un associé de Burak Erdogan, le fils du Président. Une autre est la propriété d’un dirigeant fondateur du Parti de la grande union (BBP), une formation d’extrême droite membre de la coalition au pouvoir à Ankara qui n’est pas la dernière à s’en prendre à « l’ennemi sioniste ».
Tout cela fait désordre, et la divulgation des données recueillies par Metin Cihan a créé quelques remous au Parlement.
S’il y en a un que ce cynisme ne dérange pas, c’est bien Benyamin Netanyahou. Il s’en amuse même. Il connaît la chanson ; la duplicité, c’est son truc.
En 2020, il avait expliqué dans le « Jérusalem Post », évoquant ses relations avec Erdogan : « Il m’appelle Hitler toutes les trois heures… Maintenant, il le fait toutes les six heures, mais, Dieu merci, le commerce entre la Turquie et Israël est en plein essor. »
Article signé des initiales A.-S. M. le Canard enchaîné. 10/01/2024
Erdogan est un grand cynique. Déjà il vend des armes à la Russie et à l’Ukraine. Son pays sert de base pour le commerce illégal russe, il achète des carburants russes, tout en jurant soutenir l’Ukraine.
Merci Bernard pour ces précisions. Amitiés. Michel.
Nausée.
« Nausées »… bien sûr Danielle.
Malheureusement dans tous conflits, il y a les profiteurs toujours planqués à l’arrière des fronts ouverts, dont souffre la population civile.
S’agissant depuis 1948 du peuple palestinien victime d’un génocide par les Israéliens, bien trop de gens n’ont pas moufté lors d’autres conflits ethniques ou cultuels Kurde, Liban, Yémen, Laos, etc. Une liste bien longue.
Amitiés. Michel
La France et la Belgique vendent des armes à l’Arabie saoudite en pleine guerre au Yémen, les USA vendent des armes à Israël en plein génocide palestinien, …. business as usual, l’argent n’a pas d’odeur pour ces salauds là !