Il est commun de penser qu’après 50 ans, la vie affective et sexuelle diminue notamment pour les célibataires.
Pourtant, une étude réalisée par l’IFOP pour le site de rencontres Disons Demain casse ces idées reçues. Cette génération paraît même plus libre et décomplexée.
Passer le cap des 50 ans ne signifie pas faire une croix sur sa vie affective et sexuelle, et ce même lorsque l’on est célibataire. Loin de là. C’est en tout cas ce que montre une étude récemment menée par l’Ifop pour le site de rencontres Disons Demain (1).
D’après ce sondage réalisé auprès de 3 000 célibataires, ceux de 50 à 69 ans ont la même vie sexuelle que les moins de 25 ans. Ils sont en effet 39 % à avoir eu des relations sexuelles au cours des douze derniers mois, contre 42 % pour les 18-24 ans.
On sait ce qu’on veut et ce qu’on cherche
Si les clichés concernant l’amour et la sexualité passée 50 ans ont la vie dure, force est de constater que les jeunes n’ont pas le monopole sur ces sujets. Contrairement aux idées reçues, la « silver géneration », comme on l’appelle, apparaît même plus libre et décomplexée, touchée par l’évolution de notre mode de vie, des discours et des normes sur ce sujet. Dans cette enquête, 59 % des célibataires de 50 à 69 ans affirment d’ailleurs se sentir plus libres dans leur vie sexuelle que lorsqu’ils avaient 20 ans.
Un point de vue que partage Marie, veuve de 65 ans. « La sexualité après 50 ou 60 ans est davantage dans le lâcher-prise, on n’a plus trop de temps à perdre. On a aussi beaucoup plus de temps pour penser à soi, fini le travail, les enfants sont grands… Et puis on sait ce qu’on veut et ce qu’on cherche », raconte cette lectrice.
Les moins de 25 ans et plus de 50 ans s’accordent également sur un autre point : ils font la dissociation entre les sentiments et la sexualité. 66 % des moins de 25 ans et 63 % des 50 ans et plus estiment que l’on peut avoir des rapports sexuels avec quelqu’un sans l’aimer.
Normaliser les rencontres en ligne
À l’heure où les réseaux sociaux ont pris une large place dans notre quotidien, les plus de 50 ans suivent cette tendance. Ils sont de plus en plus nombreux à utiliser des applications et sites pour faire de nouvelles rencontres. L’étude montre que la proportion de célibataires de plus de 50 ans qui pourraient s’inscrire sur ces applications a doublé en 20 ans, passant de 18 % en 2004 à 39 % en 2023. Un tiers utilise une application de rencontres.
Ce constat va de pair avec l’évolution des mentalités par rapport aux rencontres en ligne : près de la moitié de la « silver génération » estime que les sites et applications de rencontres sont des lieux de rencontres comme les autres. Ils sont également 60 % à penser que la durée de la relation ne dépend pas de la manière de se rencontrer, comme les moins de 25 ans (59 0/o).
La normalisation de ces applications qui ont petit à petit bouleversé notre façon de s’aborder, permet de faciliter les rencontres et d’oser. C’est ce que constate Marie. « C’est relativement simple par site ou tchat, cela permet de facilement faire comprendre ce qu’on cherche, la prise de contact est plus facile qu’en direct. Dans la vie de tous les jours, on est beaucoup plus réservé, on ne se permet pas d’aller aborder les gens aussi aisément. On peut même se permettre le luxe de choisir ! », confie la sexagénaire.
Ce n’est donc pas seulement du côté de la « génération Z » que l’on trouve le plus de célibataires actifs sexuellement. Plus libérés dans leur tête, mais aussi dans leur vie professionnelle ou personnelle, moins affranchis des clichés, les célibataires de plus de 50 ans ne se privent pas et continuent pleinement leur vie, cassant au passage les idées reçues et faisant presque des envieux.
« Souvent, des jeunes gens viennent me dire qu’ils aimeraient être pareils à mon âge. Si je suis de bonne humeur, avec moi et face aux autres, c’est notamment parce que je me sens libre dans ma tête et mon corps, c’est une évidence ! », clame Marie.
L’amour n’a pas d’âge, le sexe non plus.
Audrey Vermorel. Le Dauphiné Libéré. 10/04/2023
(1) Étude Ifop pour Disons Demain réalisée en ligne du 20 au 24 janvier 2023 auprès d’un échantillon national représentatif de 3 003 personnes, représentatif de la population française célibataire âgée de 15 ans et plus, méthode des quotas.
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