Un Français sur trois en précarité
À travers les difficultés d’accès aux produits non alimentaires, une enquête de l’Ifop révèle la résignation, la colère et la frustration de toute une partie de la population démunie.
Près d’un Français sur trois doit renoncer très souvent à l’achat de produits non alimentaires de première nécessité. Et 31 % d’entre eux renoncent plus de quatre fois par mois à l’achat de ce type de produits.
C’est ce que révèle l’enquête réalisée par l’Ifop à la demande de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Agence du don en nature (ADN), publiée lundi 22 novembre.
Une étude qui a le mérite d’illustrer comment, derrière la difficulté d’accès à certains produits non alimentaires, au-delà des enjeux concrets, se cristallisent des problématiques « d’insécurité sociale ».
Les jeunes en première ligne
Plus largement, elle met en lumière le poids symbolique de la consommation. Ainsi, seuls 10 % des ménages en situation de précarité matérielle ont recours à des solutions d’emprunt ou d’usage de produits de seconde main. « C’est certainement le point le plus marquant de cette enquête, souligne Romain Canler, directeur général de l’Agence du don en nature. Avoir accès à des produits neufs, pour ceux qui sont en bas de l’échelle, c’est d’abord consommer de manière digne et faire comme tout le monde. »
Autre marqueur préoccupant : les jeunes se retrouvent en première ligne face à la précarité matérielle (39 % des personnes concernées ont moins de 35 ans). Pour Romain Canler, cela s’explique par « la paupérisation de la jeunesse d’aujourd’hui, avec de plus en plus d’autoentrepreneurs et d’intérimaires. Ils seront davantage dans la colère face à cette situation, alors que les plus âgés seront plus résignés ».
Une vie sociale amputée
De quoi se prive-t-on en premier lieu ? De ce qui nous concerne personnellement. Ainsi, les ménages vont privilégier l’acquisition de produits d’hygiène et d’entretien pour la maison ou de produits nécessaires aux enfants. « On renonce à ses propres vêtements et à son bien-être, poursuit Romain Canler. Ce qui peut rendre difficile l’accès au marché de l’emploi. » Il l’observe au quotidien : les personnes sur le fil du rasoir, à la limite de la précarité, dépensent toute leur énergie et leur temps à chercher des produits, alimentaires ou non.
Elles courent d’une association à l’autre, en passant par les magasins low cost. « C’est une logique de court terme, qui empêche de s’investir dans une formation ou la recherche d’un emploi », précise le directeur de l’ADN. L’étude révèle sans surprise qu’au même rang que l’attente des promotions, les enseignes de hard-discount apparaissent comme une solution évidente, avec plus de 35 % des Français qui les fréquentent régulièrement.
Cette précarité matérielle a des répercussions sur la vie sociale. Près de 20 % des personnes interrogées avouent être en incapacité de participer à des anniversaires, fêtes et autres mariages, faute d’accès à certains produits. Il en ressort des sentiments de frustration (56 %), d’injustice (41 %) et de colère (28 %). Ils sont 75 % à penser que leur pouvoir d’achat est très insatisfaisant au regard de leurs qualifications et du travail fourni.
Ces sentiments de frustration et de colère « se traduisent pour le moment modestement en matière de mobilisation politique ou sociale », révèle l’enquête (21 % des déclarants sont concernés). Cependant, les personnes en situation de précarité se disent très proches du mouvement des gilets jaunes (environ 70 % des sondés). « Lutter contre la précarité matérielle, ce n’est pas simplement (leur) fournir des produits de première nécessité, c’est (les) préserver ou (leur) redonner une place dans la société », conclut l’étude.
Nadège Dubessay – L’Humanité quotidien – Source
Ces chiffres me semblent exagérés à moins d’appeler un iPhone produit de première nécessité. Tout le monde pense n’être pas assez payé au regard du travail fourni, même ceux qui ne font pas grand chose ( et j’en connais), il y a aussi les surqualifiés, qui soit on des diplômes inappropriés à l’économie réelle, soit ne veulent pas réellement s’y investir (je connais un collègue d’école de ma fille 5 ans après le bac expert comptable qui est serveur dans un restaurant). Il y a bien un problème d’emplois qualifiés dans notre pays, d’abord par la desindustrialisation ensuite par l’hyper concentration des sièges sociaux en Île de France. Mais c’est un autre problème, dont on parle peu dans les médias, eux mêmes concentrés en Île de France
Les illusionnistes sont en plein travail pour détourner l’attention du chaland. Il leur faut sauver le système. Heureusement le candidat du PCF parle d’autres choses et la lutte des classes remonte, gage des solidarités nécessaires pour sortir de ce système qui fait les riches plus riches et les pauvres plus pauvres et plus nombreux. Non? demandez aux restos du cœur combien ils ont livré de repas supplémentaire depuis le début de l’année. Le secours populaire, le secours catholique,…..vous dirons le même chose.
Avoir fait des études supérieures ou pas, trouver un boulot correspondant au niveau de formation, et dans sa région d’origine n’est malheureusement pas systématique.. et celles et ceux qui sont en échec ?
Les jeunes sont trop souvent contraints de baisser leurs prétentions, soit d’accepter un poste en Ile de France, ou dans les grandes villes régionales, de se loger comme ils peuvent, dans un foyer, ou en colocation pendant 1 an ou 2, avant d’espérer repartir dans leur région en mutation., sauf point de chute familial, amical ou amoureux..
J’ai récemment lu, que des administrations allaient partir s’installer en province, tant mieux, cela les redynamisera, cela permettra de dégraisser la concentration soulignée par Bernard en permettant aux jeunes « de vivre et de travailler au pays » .. faudrait-il qu’il y ait du boulot au pays.. que les entreprises ne ferment pas..
On constate chaque jour que le niveau des salaires est très bas, ils ne permettent pas de vivre correctement, les mouvements actuels le prouvent, les quelques concessions faites dans certains secteurs aussi, (je pense au Ségur de la Santé et à, la revalorisation conquise ce jour par les sages-femmes..)…
En conclusion, la vie quotidienne est difficile pour les salariés et les retraités… mais la lutte paye.. En attendant, les restos du cœur, le Secours Populaire, la Croix Rouge, le Secours Catholique, les services sociaux des collectivités, des mutuelles ne sont pas prêts de baisser le rideau… ni de nous solliciter pour remplir leur mission.