Le regard sur ceux qui partagent leur vie, doit être emprunt de bonté, bienveillance et respect
Quand vous serez bien vieille
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, et vous esmerveillant
Ronsard me celebroit du temps que j’estois belle.
Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui, au bruit de Ronsard, ne s’aille réveillant,
Bénissant vostre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre, et, fantosme sans os,
Par les ombres myrteux je prendray mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain ;
Cueillez dès aujourd’huy les roses de la vie.
Pierre de Ronsard (1524-1585)
Quelle sagesse que ma maman traduisait ainsi : « Prends les plats au passage, ils ne repassent pas deux fois dans la vie ».
Surtout s’il reste peu de temps !
C’est toujours un plaisir de retrouver ce poème bien connu, mais de le méditer.
Merci.
Cela nous rajeunit sérieusement… souvenirs de potache.
Du vieux français !
Cela fait bizarre de lire ces mots qui ont évolués.
En lisant je me disais je connais, mais oui bien évidemment « Cueillez dés aujourd’hui les roses de la vie »
🙂