La pluie

Les jours de pluie, on se place hors gouttes
près de la fenêtre dans les moulures du vent.
Un bon livre nous tient office de parapluie si on n’a rien à faire dehors.

Puis à défaut, on recycle des souvenirs des broutilles d’hier des câlins complices du matin ou de la nuit…

On parcourt des rondeurs pas nécessairement des jours
Giono butine son Lubéron lavande quand Groult étreint son amant d’Irlande…
On se surprend à rêver sur les chevaux d’Edgar Degas ou sous le pont d’Asnières offert de Vincent.

La vie s’enchapelle entre des toiles d’artiste où s’agrège au passage d’un chat sur l’arête d’un toit. Rien ne se perd quand on se donne à retenir le temps dans la paume de la main ou sous l’arôme des mots.

On s’invente un chemin soleil quand la pluie frappe au carreau ses perles en friselis d’ennui.
Croire en la buée du doute s’y abreuver luisant même au ver n’est pas une fin tramée en soie…


Gilles Compagnon. Recueil “Souffleur de vers poseurs de prose”. Ed. J. Flament


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