Je mouline des mots comme une éolienne l’électricité,
à petite dose liée au vent mais sans trop hésiter.
Je dépose et diffuse doucement mes petits écrits
sans prétention ni grande importance.
Je suis telle une farine réduite en extra-fine parole,
un catalogue banal insignifiant
dont il faut prendre soin de fermer le sac
de peur qu’elle ne s’envole sans laisser de trace.
Chacun y trouve la poésie qu’il souhaite.
Aussitôt dite, répandue ailleurs ou ici,
déjà, elle ne m’appartient plus.
Sa lecture est ce que vous en faites, un plein phare, un gyrophare ou un rétroviseur, pour vous promener dedans circuler en alerte ou vous y retrouver derrière.
Elle va de l’avant comme vous conte le passé.
On a tous plus ou moins dans nos manières de marcher des références bien ancrées, des petits mystères d’enfance à élucider entre nos vies errantes et nos anomalies
de comportement. Des emportements divers
dans nos paniers d’amour, des lourdeurs ou légèretés
plantées en friche en nos solitudes.
Je mouline le goutte-à-goutte de l’âge en authentique passager de pluie au bord d’une route pas toujours choisie.
Libre à chacun d’y inventer oasis utile ou source de rêverie aussi…
Gilles Compagnon. Recueil « Souffleur de vers, poseur de prose » Ed. J. Flament