Quand j’étais petit,
Et beau,
La rose était ma demeure,
Les sources étaient mes mers.
La rose est devenue blessure
Et les sources sont, désormais, soifs.
– As-tu beaucoup changé
– Je n’ai pas beaucoup changé.
Lorsque nous rentrerons comme le vent
À la maison,
Scrute mon front.
Tu y verras les roses, palmiers,
Les sources, sueur,
Et tu me retrouveras, tel que j’étais,
Petit
Et beau…
Mahmoud Darwich. Recueil « La terre nous est etroite ». Ed. Gallimard