Ces petits cons dont l’on faict fête,
Où le vit ne met que la tête,
N’assouvissent point mon désir ;
J’aime les cons de belles marges,
Les grands cons qui sont gros et larges,
Où je m’enfonce à mon plaisir.
Les cons si estroits de cloture
Mettent un vit à la torture
Et le laissent sans mouvement;
J’aimerois mieux branler la pique
Que de foutre en paralitique :
Le plaisir git au remument.
Dans le grand con de ma Maîtresse,
Mon vit peut montrer son adresse,
Aller le trot, aller le pas,
Chercher par tout son adventage,
Et monter d’étage en étage,
Maintenant haut, maintenant bas.
Comme le Monarque des Perses,
Jadis, par les saisons diverses,
Avait de diverses maisons,
D’un vit la majesté suprême
Dans un grand con peut tout de même,
Se loger en toutes saisons.
Foutre des cons de ces pucelles,
Serrés comme des escarcelles,
Où le vit n’est en liberté !
J’ai dans le con de ma voisine,
Ma chambre, antichambre, et cuisine,
Logis d’Hiver, logis d’Été.
Pierre Motin (1566-1610). Recueil « Poésie érotique ». Anthologie de Marcel Béalu. Éd. Seghers.