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Le président socialiste, réélu le 20 octobre dernier [2019], Evo Morales a choisi de démissionner pour éviter un possible « bain de sang » […] .

Tout à basculé quand la contestation contre la réélection au premier tour du président socialiste bolivien Evo Morales a touché la police. Vendredi, dans plusieurs villes du pays, des agents se sont soulevé contre le pouvoir aux cris de « mutinerie policière ». « Sœurs et frères, notre démocratie est en danger à cause du coup d’État en cours que des groupes violents ont lancé contre l’ordre constitutionnel. Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l’État de droit », a dénoncé sur Twitter vendredi le premier chef d’État amérindien d’Amérique latine, avant d’appeler au calme. « J’appelle notre peuple à prendre soin pacifiquement de la démocratie et de la CPE (Constitution politique de l’État) pour préserver la paix et la vie en tant que biens suprêmes au-dessus de tout intérêt politique », a-t-il déclaré plus tard sur le même réseau social. Sans succès.

Après une réunion avec plusieurs généraux, le gouvernement a indiqué qu’il n’était pas question d’envoyer l’armée contre les mutins. « Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c’est totalement exclu », avait informé le ministre de la Défense Javier Zavaleta.

[…] Cette sédition d’une partie des forces de police intervient après 17 jours de manifestations, fomentées par la droite, qui refuse le résultat de l’élection présidentielle du 20 octobre. À cette occasion, Evo Morales l’a emporté avec 47,08 % contre 36,51 % pour son adversaire libéral Carlos Mesa.

Selon la loi fondamentale, si le candidat arrivé en tête avec plus de 40 % des voix obtient dix points de plus que celui arrivé deuxième, il n’y a pas besoin de second tour pour les départager.

Le dimanche soir de l’élection, un premier décompte partiel, excluant les zones rurales favorable au président socialiste, donnait un écart plus resserré. Quand celui-ci s’est élargi dans les jours suivants, la droite a contesté le résultat. Pour couper court à toute contestation, le gouvernement avait demandé à l’Organisation des États américains, en général peu favorables aux gouvernements de gauche, de procéder à un audit du résultat du scrutin. Celle-ci devait rendre son verdict sous deux semaines.

La machination, qu’on a connue ailleurs en Amérique latine, est en marche. Washington a, après le 20 octobre [2019], émis des doutes sur le résultat du scrutin.

[…]  Dans neuf capitales départementales, des manifestants se sont présentés devant les centres de commandement de la police pour demander aux agents de participer à la mutinerie. […]

[…] C’est dans ce contexte qu’Evo Morales a déclaré le 10 novembre, à la télévision, renoncer à son poste de président ».  […]


Gaël De Santis. Titre original : « Bolivie. Coup d’état contre Evo morales ». Source (extrait)


Le Mexique offre l’asile à Evo Morales.

Après la démission de Evo Morales ce dimanche 10 novembre, plusieurs dirigeants socialistes sud-américains ont témoigné leur solidarité au président bolivien déchu, voyant dans son retrait forcé un véritable “coup d’État”. 

D’une même voix, le président vénézuélien Nicolas Maduro -lui-même contesté-, et son homologue argentin Alberto Fernandez se sont indignés de la démission de Evo Morales, contraint par la rue à quitter son poste après trois semaines de crise sociale consécutives à sa réélection fin octobre. 

“Nous condamnons catégoriquement le coup d’État survenu contre le frère président Evo Morales”, a ainsi écrit sur Twitter le dirigeant du Venezuela, appelant à “la mobilisation pour exiger que soit préservée la vie des peuples indigènes boliviens, victimes du racisme”.


Titre original : « le Mexique offre l’asile à Evo Morales aise, les dirigeants socialistes voisins solidaires ». Source (extrait)